Bien qu’en surface ces trois régimes proposent une alimentation très différente, ils possèdent aussi plusieurs similitudes. Leur qualité énergétique est très différente malgré leur contenu nutritif qui se ressemble sur certains aspects. Alors, comment choisir et comment s’y retrouver dans tous les régimes qui existent pour manger sainement et se faire du bien? La question est d’autant plus importante lorsqu’on souffre d’une maladie chronique comme la maladie de Lyme, le diabète ou un cancer par exemple.

Je tenterai de décrire très succinctement les nouvelles philosophies alimentaires. En résumant, certains détails importants peuvent bien sûr ne pas se retrouver dans ces descriptions. Je vous invite à faire vos propres recherches pour bien comprendre en détails la théorie derrière ces choix alimentaires et ainsi être en mesure de prendre une décision éclairée pour vous.

Que visent en gros ces nouvelles diètes?

Ces trois régimes visent une diminution de l’inflammation chronique pour une diminution de la douleur bien sûr, mais aussi une diminution des maladies d’origine inflammatoire (http://www.guerirparlesplantes.com/2013/05/desordres-glycemiques-et-inflammation-deux-allies-malfaisant-premiere-partie/)

Hypotoxique

Mis au point par le Dr Jean Seignalet dans les années 1980, ce régime a aussi été popularisé dans les dernières années au Québec par Mme Jacqueline Lagacé, Ph.D. dans ces livres dont le premier a pour titre « Comment j’ai vaincu la douleur et l’inflammation chronique par l’alimentation ». Le principe de base est qu’en éliminant plusieurs aliments pro inflammatoires, et en cuisant à basse température, l’inflammation diminue, l’immunité est ré équilibrée et ainsi plusieurs maladies inflammatoires ou auto immunes entrent en rémission.

Crudivorisme

Régime qui existerait depuis plus de 2000 ans puisqu’il était pratiqué par les esséniens, il est devenu plus connu dans les dernières années grâce à l’institut Hippocrate aux États Unis qui accueille des personnes de partout dans le monde pour retrouver la santé grâce à des changements alimentaires. L’alimentation se compose essentiellement de végétaux crus – incluant des noix, des grains et des légumineuses germées,etc. – ou déshydraté à basse température, pour garder un maximum d’enzymes et de vitamines et ainsi favoriser la détox et la guérison.

Paléo

Ce régime se base sur l’alimentation des hommes pré historiques , la théorie voulant que notre génome ayant peut évolué depuis nous devrions manger de façon plus semblable à nos ancêtres. Il se compose principalement de protéines animales de qualité (viandes de pâturages ou sauvage) et de légumes et fruits biologiques.

Similarités de ces régimes alimentaires

On note plusieurs similarités dans ces trois régimes :

  1. Qualité des aliments

Choisir des aliments frais, vivants et biologiques ou de pâturage/sauvage dans le cas de la viande nous assure une meilleure qualité. Certains doutent de la différence en apport nutritionnel entre les aliments biologiques ou non; par contre, on ne peut plus nier que les pesticides, fongicides ou autres intrants chimiques de l’agriculture conventionnels ont un impact négatif sur notre santé. De plus, choisir des producteurs locaux est aussi important de nos jours pour diminuer l’impact sur la planète du transport des aliments.

  1. Bon apport en protéines

Avoir une bonne quantité de protéines de qualité permet tout d’abord de stabiliser la glycémie en fournissant un carburant lent et efficace. De plus, les acides aminés qui composent ces protéines sont essentiels à la formation d’enzymes, à la construction de cellules, à la réparation des tissus, au métabolisme et au bon fonctionnement de l’organisme. Je constate chez la majorité de mes clients, suite à l’analyse de leur journal alimentaire, qu’ils ne mangent pas assez de protéines. Pour calculer vos besoins quotidiens en protéines.

  1. Élimination du sucre raffiné et de l’alcool.

Le sucre et l’alcool peuvent avoir un impact sur la muqueuse de l’intestin et augmenter l’inflammation. De plus, ils affectent la glycémie et ensuite l’inflammation chronique.

  1. Élimination des aliments industriels pouvant contenir des additifs alimentaires tels que les agents de conservation (nitrites, sulfites, etc.), les colorants, les rehausseurs de goût, etc.

Ces changements alimentaires permettent de stabiliser la glycémie et ainsi de diminuer l’inflammation liée à des variations du taux de sucre et de l’insuline dans le sang. L’élimination des additifs, des colorants et autres intrants chimiques permet aussi de diminuer l’inflammation, mais surtout de soulager le foie de la gestion de toutes ces molécules synthétiques et plus difficiles à gérer.

  1. Élimination du gluten

En effet, le gluten et les protéines qui le composent peuvent être responsable chez les personnes sensibles de l’inflammation de la muqueuse de l’intestin. De plus, même sans sensibilité aux protéines du gluten, ce dernier peut stimuler les entérocytes (cellules de la paroi de l’intestin) à surproduire de la zonuline – un enzyme qui normalement indique aux entérocytes de s’écarter les uns des autres pour laisser passer les nutriments. Trop de zonuline crée une hyperperméabilité de la muqueuse, certains aliments inflammatoires comme le gluten traversent alors la paroi de l’intestin et vont stimuler les cellules immunitaires (lymphocytes B et T) – une cascade d’évènements inflammatoires s’ensuit.

  1. Élimination des produits laitiers 

Les produits laitiers aujourd’hui sont très différents de ce qu’ils étaient il y a 100 ans.

  • Les pesticides et engrais chimiques utilisés dans la culture des grains qui nourrissent les vaches laitières ont tendance à s’accumuler dans les tissus adipeux, et donc dans le lait. Ces molécules peuvent avoir une action qui mimique l’action de nos hormones reproductrices et favoriser certains déséquilibres et certaines maladies.
  • Étant homogénéisé, le lait aujourd’hui contient de micro particules de lipides qui sont absorbées par la muqueuse intestinale alors qu’elles ne devraient pas. Ces microparticules en circulation peuvent alors provoquer de l’inflammation dans les vaisseaux sanguins et dans les tissus.
  • La caséine du lait, comme le gluten, peut favoriser l’inflammation de la muqueuse de l’intestin chez les personnes sensibles et donc augmenter l’inflammation générale et affecter l’immunité négativement.
  1. Soutenir la flore bactérienne

De plus en plus de recherches démontrent qu’une flore intestinale équilibrée est synonyme de santé. En effet, ces milliards de bactéries forment une première barrière immunitaire, mais fabriquent certains nutriments, permettent d’éliminer des déchets et vont même jusqu’à soutenir la synthèse de sérotonine et de dopamine, des neurotransmetteurs essentiels. Que ce soit avec des bouillons de miso, des lacto fermentations de légumes, du kombucha ou du kéfir de fruits il est important de soutenir les bactéries qui peuplent notre intestin en leur fournissant des aliments, mais aussi en les ré implantant régulièrement, ou plus particulièrement après un déséquilibre causé par certains médicaments, un stress, la consommation de sucre, d’alcool ou d’un autre aliment irritant pour la muqueuse intestinale (lien intolrances alimentaires)

Et en quoi ces régimes sont ils différents?

Prenons tout d’abord les régimes paléo et crudivore. Dans mon expérience il existe surtout une différence « énergétique » entre ces deux modes d’alimentation. En effet, le régime paléo riche en viande et prônant majoritairement les recettes d’aliments cuits est plus « réchauffant ». La viande a tendance à « chauffer » l’organisme et va nourrir le Sang. Ainsi, il conviendra mieux à une personne plutôt en Vide de Sang ou de Yang, sans Feu Pervers.

Le régime crudivore par contre, qui contient à majorité des légumes et fruits crus, est plus « refroidissant ». Bien sûr les germinations variées sont riches en Qi et pleines de vitamines, mais les jus verts et légumes crus sont très efficaces pour drainer le Feu Pervers, ou la chaleur perverse; mais peuvent aussi drainer la « bonne chaleur » ou le « bon Yang ».

Il est donc important selon moi d’adapter le régime au besoin de chacun. Ce besoin peut bien sûr varier dans le temps. C’est à dire qu’une personne peut nécessité une alimentation plus « refroidissante » un temps, puis quelque chose de plus « réchauffant » puisqu’une fois l’excès de Feu Pervers disparu, le Vide sous jacent apparait – ce qui est très souvent le cas dans ma pratique.

Bref, comment choisir un régime alimentaire qui nous convient ?

  • Choisir selon ce qui semble nous convenir le mieux

En effet, prendre le temps de réfléchir à sa nature énergétique, ou consulter un thérapeute qualifié peut nous aider à faire le bon choix pour que le changement alimentaire soit bénéfique.

  • S’assurer de trouver un naturopathe ou une nutritioniste bien formée pour nous soutenir dans l’application du régime et dans le changement d’alimentation, qui peut être très difficile. Je rencontre souvent des gens qui souffrent de carences en protéines ou certaines vitamines pour avoir suivi un régime crudivore sans l’avoir appliqué convenablement.
  • Prendre du temps pour préparer les aliments : En effet, prendre soin de soi prends du temps… Surtout avec un régime alimentaire différent. Afin de bénéficier des bienfaits, et de ne pas se retrouver en carences, il est important de prendre le temps de préparer tous les aliments recommandés. Souvent, mes clients choisissent de ne pas faire certaines préparations plus longues, mais de ce fait se retrouvent privés de nutriments importants.
  • Respecter de façon stricte pendant au moins 4-6 semaines : Cette période est nécessaire pour pouvoir mesurer l’impact sur des symptômes précis comme la douleur, l’humeur, l’énergie ou les allergies par exemple. Parfois, il arrive que les changements soient trop subtiles pour être mesurés; par contre, en ré introduisant des aliments « interdits » on observe une recrudescence de certains symptômes, ce qui peut servir à confirmer qu’il est important d’éviter un produit particulier.
  • Se donner des objectifs précis : Pour mesurer l’impact positif il est important de se donner des objectifs précis. C’est à dire, choisir un ou des symptômes présent, les noter le plus objectivement possible avant le début du régime, puis refaire la mesure suite aux quatre à six semaines avec les changements alimentaires. Par exemple, si vous avez des douleurs qui vous empêchent de marcher plus de 10 mn, après un mois pouvez vous marcher plus longtemps?

Finalement, tous les régimes ne sont pas bons pour tous. Apprenez à vous écouter, et allez chercher du soutien d’un professionnel si vous n’avez pas les connaissances nécessaires.

 

Lectures supplémentaires

The Auto Immune Solution – Amy Myers, M.D.

The AutoImmune Paleo Cookbook – Mikey Trescott, NTP

Healing the Hyperactive Brain – Michael R. Lyon, M.D.

Paleo Principles – Dr. Sarah Ballantyne, Ph.D.

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