Formations et consultations en herboristerie et massage énergétique chinois

15 septembre 2015

Énergie et vitalité - comment les augmenter grâce aux plantes médicinales

Dans mon nouveau coin de pays, le bas du fleuve et plus précisément Rimouski, l’automne semble arrivé ce matin. Une petite pluie arrose les champs récoltés, les fleurs sauvages et médicinales sont presque toutes en graines, et les feuilles des arbres commencent à changer de couleur. Toute la nature semble se préparer à s’endormir. À l’inverse, nous nous activons avec la rentrée scolaire ou de nouveaux projets de travail. Encore une fois, nous semblons vouloir aller à l’inverse du mouvement naturel.
Cette façon de pousser notre corps au-delà du rythme de la nature tend à épuiser nos réserves. Avec les années, les changements de saison peuvent être de plus en plus difficiles; les réserves d’énergie, le sommeil et le système nerveux sont plus fragiles. Les plantes médicinales sont de merveilleuses alliées pour retrouver énergie et vitalité. C’est de certaines d’entre elles, particulièrement intéressantes à l’automne, dont je veux vous parler aujourd’hui. En plus de redonner de l’énergie et de la concentration, elles améliorent la qualité du sommeil et nourrissent nos fonctions immunitaires pour les rééquilibrer et les rendre plus fortes pour l’hiver et ses épidémies de rhumes, grippes et gastroentérites.
Reishi – Ganoderma lucidum
Reishi - Ganoderma lucidum
Le reishi est un champignon médicinal utilisé depuis des centaines d’années en médecine traditionnelle chinoise. Comme pour tous les champignons, la partie récoltée est le fruit puisque ses « racines » appelées mycélium se cachent dans l’humus ou dans les arbres en décomposition. Le reishi, ainsi que les autres champignons médicinaux, sont riches en polysaccarides particulièrement efficaces pour nourrir et équilibrer le système immunitaire. Plusieurs recherches scientifiques démontrent l’utilité du reishi dans l’accompagnement des traitements conventionnels pour le cancer ou afin de diminuer les réactions allergiques et les maladies auto-immunes. Ces constituants actifs sont mieux extraits dans l’eau, par décoction. On peut ensuite faire réduire la décoction pour en faire un sirop ou même déshydrater ce réduit pour en faire une poudre qui peut être mise en capsules ou tout simplement ajoutée à des smoothies.
Outre, son action sur le système immunitaire, le reishi est un grand tonique du Shen (prononcé « chène »). En médecine traditionnelle chinoise, le Shen correspond à l’esprit ou à l’âme et se mesure à l’éclat des yeux. Si le Shen n’est pas en santé, il peut y avoir dépression, insomnie, perte de mémoire ou de concentration, etc. Le reishi est donc bénéfique pour aider tous ces aspects en plus d’aider à améliorer la quantité d’énergie.
Finalement, il est aussi très intéressant comme soutien hépatique. D’autres études ont même démontré son efficacité dans la prévention et le traitement de plusieurs hépatites.
Astragale – Astragalus membranaceus
Tranches de racines d'astragale
Astragalus membranaceus
Les racines d’astragale sont aussi utilisées en médecine traditionnelle chinoise pour nourrir la Rate et le Qi. La Rate sert à extraire le Qi (ou l’énergie) des aliments pour fabriquer le Qi que nous dépensons au quotidien pour le métabolisme normal des cellules et pour fabriquer le Sang. En d’autres termes, cette plante est utilisée lorsqu’il y a de la fatigue surtout accompagnée de lourdeur musculaire, une perte de poids ou une difficulté à prendre du poids, une sensation de froid ou de la difficulté à se réchauffer ou encore une fragilité aux infections respiratoires, urinaires ou digestives.
Mijotées pendant un minimum de 30 à 40 minutes, ces racines ont un bon goût sucré et sont tout à fait adaptées pour les enfants et les personnes âgées ou en convalescence. Le bouillon ainsi obtenu peut être ajouté à des soupes ou on peut utiliser les racines sèches dans la cuisson du riz ou d’autres céréales.
Éleuthérocoque – Eleutherococcus senticosus
Aussi appelée le « ginseng sibérien », les racines de cette plante médicinale donnent de l’énergie rapidement tout en améliorant la qualité du sommeil. En médecine traditionnelle chinoise, on la considère comme un tonique du Qi, de la Rate et du Jing (prononcé « tsing » et qui correspond à nos réserves d’énergie). Prendre cette plante quotidiennement pendant quelques mois permet de remplir les réserves d’énergie de l’organisme pour récupérer plus rapidement en cas d’excès et être plus apte à combattre des infections.
L’éleuthérocoque ne causera pas un excès de Yang comme peut le faire le ginseng américain (P quinquefolius) ou chinois (P ginseng). Ses effets sont plus adaptés à tous. Cette plante est très intéressante pour augmenter la concentration, la mémoire et l’énergie. Comme toutes les plantes adaptogènes, elle aide à diminuer l’hypertension reliée au stress, l’insomnie, le déficit d’attention et l’hyperactivité. Elle augmente aussi l’utilisation en oxygène de nos cellules.
Comment consommer ces plantes médicinales?
Ces trois plantes que je vous ai présentées aujourd’hui gagnent à être extraites dans l’eau sous forme de décoction ou de réduit qui se conservera plusieurs semaines au réfrigérateur. De plus, leur action cumulative devient permanente lorsqu’on les consomme sur de longues périodes de temps sans interruption (trois à six mois).
Il existe bien d’autres plantes médicinales utiles pour retrouver énergie et vitalité, et chacune a ses caractéristiques propres. L’une d’entre elles vous convient sûrement parfaitement. Une consultation avec un herboriste thérapeute accrédité vous permettra de mieux comprendre les plantes médicinales et dechoisir celle qui sera la meilleure pour vous.

12 mars 2015

Ostéoporose et herboristerie - Nos os peuvent-ils rester solide avec le temps?

Depuis les 20 dernières années l’ostéoporose est passée d’une condition rare affectant les femmes de plus de 65 ans à quelque chose qui pourrait arriver à tous. Mais est-ce vraiment la réalité? Est-ce que nos os se détériorent sans que nous ne puissions rien y changer?

Qu’est-ce que l’ostéoporose?
L’ostéoporose est une condition où les os peuvent perdre jusqu’à un tiers de leur densité. Le tissu restant est poreux et fragile entrainant de la douleur constante et un risque de fractures accru lors d’activités quotidiennes normales comme en marchant ou en toussant. Il y a 20 ans le diagnostique était établit lors d’une fracture suite à un impact mineur, mais de nos jours l’ostéo-densitométrie permet de mesurer la densité osseuse et d’en suivre son évolution. Ce test ne permet pas par contre de différencier entre le tissu osseux calcifié et le tissu sain et donc d’évaluer la solidité et la flexibilité des os. Il peut être intéressant de faire une première mesure et en suivre l’évolution, si la densité osseuse reste stable au fil des ans il n’est pas forcément nécessaire d’intervenir même si elle semble légèrement plus faible que la normale. De plus, évaluer la solidité et la texture des ongles et des cheveux peut donner une idée de la santé des os.
Une résorption du tissu osseux est normale et souhaitable. Ce catabolisme (ou destruction des tissus) permet à l’os de se renouveler (anabolisme ou construction). Les nouveaux tissus sont plus solides et flexibles. Avec l’âge, à partir de la trentaine, le rythme de destruction devient plus grand que la construction de nouveaux tissus d’environ 0,5 à 1 %. À la ménopause et avec la chute d’hormones reproductrices dans l’organisme cet écart peut s’accélérer jusqu’à 1 à 5 %. L’alimentation et les plantes médicinales peuvent grandement améliorer le rapport entre les deux et stabiliser la solidité des os. De plus, l’exercice régulier, en augmentant la demande sur l’os, permet d’améliorer la densité osseuse en favorisant la construction de nouveaux tissus plus solides et flexibles.
Quels facteurs augmentent la fragilité des os?

  1. Stress chronique et destruction des tissus : La perception chronique de la réalité comme étant dangereuse entraine des déséquilibres physiologiques dans l’organisme. Une situation normale peut être perçue comme un danger par perfectionnisme, lorsqu’il y a difficulté d’exprimer les émotions ou lorsque l’envie de plaire est très forte. Pour le corps, que le danger soit réel ou imaginé, l’impact reste le même. À long terme, les glandes impliquées dans la gestion du stress – l’hypothalamus, l’hypophyse et les surrénales – s’épuisent et il s’installe de l’inflammation chronique dans les tissus, mais surtout une augmentation du catabolisme par rapport à l’anabolisme. Dans le cas des tissus osseux, la fabrication de nouveaux tissus diminuent par rapport à leur destruction, les os perdent donc de leur densité. Les plantes médicinales adaptogènes, en diminuant et en réparant l’impact du stress sur le corps, peuvent directement rééquilibrer ces glandes maitresses et augmenter les processus anaboliques de tout l’organisme.
  2. Hypochlorhydrie et mauvaise assimilation des nutriments : L’absorption du calcium et des minéraux nécessite un taux d’acide chlorhydrique important dans l’estomac. S’il n’est pas présent, même avec les meilleurs choix alimentaire ou de supplémentation, le calcium est les autres minéraux nécessaires à la formation des os ne seront pas assimilés. Les causes d’hypochlorhydrie peuvent être variées : stress chronique, manger à des heures irrégulières, mâcher de la gomme régulièrement, médication « anti-acide ». Dans tous les cas il importe de rééduquer le système digestif en consommant des aliments ou des plantes médicinales amers avant les repas. Le goût amer va stimuler la sécrétion de tous les sucs digestifs, dont l’acide chlorhydrique, en plus de stimuler le péristaltisme et la réparation de la muqueuse digestive. En adoptant cette habitude pendant quelques mois l’organisme retrouve une bonne fonction digestive et tous les nutriments sont mieux absorbés. On peut par exemple manger des endives ou de la chicorée, ou encore prendre quelques gorgées d’une infusion de feuilles de pissenlit ou d’une petite décoction de racines de raisin des montagnes avant les repas. Une bonne flore bactérienne est aussi essentielle à l’absorption adéquate des nutriments et la solidité des os.
  3. Carence en Vitamine D : Selon Donald Yance, herboriste américain et auteur du livre Adaptogens in Medical Herbalism, près de 80% de la population Nord Américaine souffre d’une carence en Vitamine D. Des chercheurs de l’Université Harvard à Boston rapportent qu’un apport adéquat en Vitamine D diminue les risques de fractures de la hanche chez les femmes ménopausées, par contre, la consommation de calcium dans l’alimentation ou en supplémentation n’a pas le même effet protecteur (Feskanich et al., American Journal of Clinical Nutrition, 2003).
  4. Sédentarité : Depuis longtemps on sait que l’exercice régulier prévient l’ostéoporose. Le tissu osseux a besoin d’être sous tension pour stimuler son renouvèlement. Des exercices où les os sont sollicités par l’impact, comme la marche, ou la force musculaire, comme la musculation, vont augmenter la fabrication de nouveau tissu osseux. Plus l’exercice est intégré tôt dans la vie, plus les os auront une grande densité avant la ménopause et une meilleure solidité avec l’âge. Après la ménopause, l’exercice reste important puisqu’il permet à l’os de se renouveler et de garder sa solidité.
Santé des os et médecine traditionnelle chinoise
Une faiblesse des os reflète une fatigue de l’énergie des Reins : « les Reins abritent la force de vie des os et de la moëlle ». De plus, selon la médecine traditionnelle chinoise à 49 ans chez la femme, les Reins faiblissent et la ménopause s’installe. Si ces derniers étaient déjà faibles, par hérédité ou par excès de grossesses, de relations sexuelles, de dépense excessive d’énergie ou de maladie, alors la santé des os peut être compromise. On peut constater une faiblesse de Reins par certains signes : dents fragiles, cernes foncées sous les yeux, personnes timides ou facilement apeurées, douleurs lombaires, nycturies, acouphènes, etc. Plusieurs plantes médicinales adaptogènes sont aussi des toniques des Reins, comme le champignon reishi (Ganoderma lucidum), les racines d’ashwagandha (Whitania somnifera) ou l’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus). Certains aliments comme les graines de sésame, les noix de grenoble, les algues, les œufs et les crevettes vont aussi nourrir l’énergie des Reins. On peut également faire un bouillon avec des coquilles d’œuf et des écailles de crevettes et l’utiliser comme base de soupe ou pour faire cuire du riz par exemple.
Dans une étude parue dans le Journal of Chinese Medicine 45 femmes ménopausées divisées en deux groupes ont reçu un traitement conventionnel incluant une supplémentation de vitamine D ainsi que de calcium oralement et intra-musculairement. Le premier groupe recevait en plus un mélange de plantes médicinales chinoises pour tonifier le Rein contenant entre autres Rehmanniae glutinosae et Poriae cocos. Après 8 mois de traitements on a pu observé dans le premier groupe une diminution de la douleur ainsi qu’une augmentation de la concentration d’œstrogène. De plus, la densité osseuse s’était améliorée après quatre mois dans les deux groupes et avait continué d’augmenter dans le groupe qui prenait le mélange de plantes médicinales pour être supérieur à l’autre groupe à la fin de l’étude (Zhao Gang et al, JTCM June 2003).
Par ailleurs, si le Qi de la Rate n’est pas suffisant, les nutriments ne seront pas bien extraits des aliments, les os ne pourront pas se reconstruire faute de matériaux. Les plantes médicinales amères stimulent le Qi de l’Estomac pour permettre aux aliments d’être bien assimilés.
Plantes médicinales à favoriser
Feuilles d'ortie
Urtica dioica
Plantes médicinales reminéralisantes : Plusieurs plantes médicinales sont riches en minéraux essentiels à la fabrication du tissu osseux. Elles sont plus efficaces extraites dans l’eau sous forme d’infusion ou de sirop ou encore dans le vinaigre de cidre de pomme biologique.

  1. Ortie – Urtica dioica : Ces feuilles riches en minéraux essentiels à la formation du tissus osseux sont aussi chargées de chlorophylle, de vitamine C, de caroténoïdes et de vitamines B. 
  2. Avoine – Avena sativa : En plus de contenir du calcium, les sommités fleuries d’avoine nourrissent le système nerveux et calment le stress qui contribue à la destruction des os.
  3.  Prêle – Equisetum arvense : Les parties aériennes de la tige stérile de cette plante médicinale riche en silice sont un excellent adjuvant aux autres plantes reminéralisantes et permettent aux nutriments, dont le calcium, de se fixer dans les os et les dents.
Plantes médicinales adaptogènes : En diminuant et en réparant l’impact physiologique du stress sur l’organisme ces plantes ont entre autre la capacité d’augmenter les processus anaboliques et ainsi la formation de nouveaux tissus tout en diminuant la destruction de la masse osseuse. La majorité des plantes adaptogènes gagnent à être extraites dans l’eau, sous forme de décoction longue ou réduit.

  1. Ashwagandha – Whitania somnifera : Les racines de cette plante adaptogène
    Baies d'ashwagandha
    Whitania somnifera
    originaire d’Inde et de la médecine ayurvédique ont la particularité d’améliorer rapidement la qualité du sommeil et de diminuer l’inflammation et la douleur dans le corps. Comme toute adaptogène elles vont augmenter les processus anaboliques et permettre à la densité osseuse de se stabiliser, voir d’augmenter.
  2.  Cordyceps – Cordyceps sinensis : Ce champignon parasite poussait à l’origine sur des insectes. Aujourd’hui il est cultivé mais reste quand même assez onéreux. Un des plus grands tonique chinois, il a la capacité de nourrir l’essence vitale et ainsi prévenir et guérir les maladies liées au vieillissement. Comme il nourrit autant le Yin que le Yang, il convient à tous et peut être utilisé de façon très sécuritaire. Combiné à d’autres grands toniques comme le champignon reishi (Ganoderma lucidum) ou les racines d’astragale (Astragalus membranaceus) ou de ginseng (Panax quinquefolium), son efficacité sera encore plus grande.
Ainsi, combinés à de saines habitudes de vie, les plantes reminéralisantes et adaptogènes sont un soutien efficace pour prévenir et stabiliser la perte de masse osseuse, en plus d’améliorer grandement la qualité de vie à plusieurs niveaux.

Références :
Osteoporosis : a Discussion, Jane Lyttleton paru dans le Journal of Chinese Medicine, 1990.
Yance, Donald, Adaptogens in Medical Herbalism : Elite Herbs and Natural Compounds for Mastering Stress, Aging, and Chronic Disease, Healing Arts Press, 2013.


26 février 2015

Quand rien ne va plus dans vos intestins…

 Comme je l’expliquais dans un article précédent, certaines intolérances alimentairespeuvent causer de l’inflammation chronique dans l’intestin. En mangeant l’aliment en cause de façon régulière (même une fois par semaine seulement), cela suffit à faire perdurer l’irritation et les problèmes digestifs : gaz, diarrhées, selles molles, douleurs, constipation.
Évidemment, une des façons de remédier au problème est d’éliminer le ou les aliments en cause pendant au moins six semaines. Plus l’arrêt sera long, plus la muqueuse aura la chance de se réparer et plus les bénéfices seront durables.
Fleur de calendule
Calendula officinalis
Durant cette période d’arrêt pour guérir notre intestin, on peut consommer en infusiondes plantes particulièrement intéressantes pour soigner l’inflammation de lamuqueuse : fleurs de camomille (Matricaria recutita), fleurs de calendule (Calendula officinalis) ou feuilles de plantain (Plantago major ou P. lanceolata). L’infusion est à privilégier puisqu’elle soigne directement le tissu affecté en passant dans le tractus digestif.
Permettre à notre flore bactérienne d’être colonisée de nouveau complète le traitement par les infusions. Pour ce faire, je recommande généralement une supplémentation de bactéries lactiques de plusieurs souches différentes et d’au moins 50 milliards de bactéries par capsule (prendre une capsule au coucher). Il est rare que je recommande un produit en particulier mais, dans ce cas, je me permets de le faire puisqu’après avoir essayé plusieurs produits j’en ai trouvé un qui, tout en offrant un excellent rapport qualité-prix, donne de très bons résultats. La compagnie NOVA, récemment installée au Québec, offre une gamme de produits très efficaces, avec ou sans souches laitières. Ces bactéries vont réparer elles aussi la muqueuse et permettre aux aliments d’être bien digérés pour diminuer la putréfaction et l’inflammation.
Normalement, après avoir suivi ces recommandations pendant trois à quatre semaines les selles devraient être redevenues lisses et fermes, et les inconforts digestifs devraient avoir grandement diminué.
Mais que fait-on si la présence de gaz, de selles molles et d’inconforts perdure?
Il arrive dans certains cas que, malgré un régime strict, l’usage de plantes médicinales et de suppléments pro-biotiques suggérés plus haut, les douleurs, les gaz et l’inconfort digestif perdurent. Trois hypothèses peuvent expliquer cette situation :
  1. Il reste un aliment dans votre régime alimentaire qui déclenche encore une réaction inflammatoire. Observer si les inconforts arrivent plus précisément après avoir consommé un aliment en particulier peut nous mettre sur la bonne piste. 
  2. L’estomac ne produit pas assez d’acide chlorhydrique (hypochlorhydrie). Cela peut survenir à la suite d’un stress chronique ou de mauvaises habitudes alimentaires comme manger à des heures irrégulières ou manger trop rapidement. Cet acide dans l’estomac sert principalement à préparer les aliments dans l’estomac, surtout les protéines et les minéraux, pour qu’ils soient prêts à être digérés par les enzymes suivants lors de leur entrée dans l’intestin. Si cette étape n’est pas bien faite, les aliments ne pourront pas être digérés adéquatement et fermenteront dans l’intestin, ce qui causera des gaz, des inconforts et éventuellement un déséquilibre de la flore bactérienne ainsi qu’une inflammation chronique de la muqueuse. Pour remédier à cette carence il suffit de consommer des plantes médicinales ou des aliments au goût amer (endives, radicchio, laitues amères) avant les repas pour stimuler la sécrétion de tous les enzymes digestifs et améliorer la digestion, l’assimilation et la santé de votre muqueuse digestive.
  3. Certaines bactéries pathogènes se sont installées de façon « permanente » et font perdurer l’inflammation de l’intestin. Ces bactéries peuvent sécréter des matières gélatineuses qu’on appelle des biofilms pour esquiver notre immunité ou les substances anti-bactériennes que nous ingérons pour les contrôler. Il faut alors défaire ces biofilms à l’aide d’enzymes protéolytiques, comme le serratiopeptidase, consommés à jeun, puis déloger les bactéries pathogènes à l’aide de plantes spécifiques comme l’hydraste (Hydrastis canadensis) ou d’huiles essentielles comme l’origan (Origanum vulgare).


Avec ce type de traitement, cela peut prendre plusieurs mois, voire un an, avant que les améliorations ressenties après quelques semaines soient consolidées. Des rechutes sont fréquentes, souvent liées au stress ou à des écarts alimentaires, mais parfois même sans raison apparente. Consulter un herboriste thérapeuteaccrédité permet d’assurer un suivi et de vous aider à voir clair au sujet des différentes hypothèses possibles.

25 septembre 2014

Enterovirus et plantes médicinales

Cet automne un nouveau virus a été détecté par les hôpitaux et centre de soins, il sème l’inquiétude chez les gens par ses effets secondaires puisque les personnes atteintes, surtout si elles avaient déjà des faiblesses au niveau du système respiratoire (asthme, coqueluche, tuberculose, etc.) peuvent avoir des symptômes plus graves.
Ce virus nommé « entérovirus D68 » donne les mêmes symptômes qu’un rhume – écoulement et congestion nasale sans fièvre – mais peut chez les enfants souffrant d’asthme par exemple, entrainer de graves faiblesses respiratoires et un manque d’oxygénation, il est donc important dans ces cas de consulter un médecin.
Comme dans toutes les maladies, la prévention reste la meilleure façon d’éviter ces problèmes :
  • Bien se laver les mains pour diminuer les risques de contagion.
  • Garder les enfants à la maison s’ils sont malades.
  • Essayer de se reposer le plus possible.
  • Diminuer la consommation de sucre, qui affaiblit le système immunitaire, et de produits laitiers, qui augmentent la congestion au niveau des voies respiratoires et donc leur capacité à se défendre contre les intrus comme les virus
  • Prendre une supplémentation en pro biotiques : Il existe plusieurs produits sur le marché adaptés à tous les âges et augmentent l’immunité, donc la protection aux infections.
  • Consommer régulièrement des plantes médicinales qui nourrissent le système immunitaire comme l’Astragale – Astragalus membranaceus, le Codonopsis – Codonopsis pilosula ou le Reishi – Ganoderma lucidum.

Plantes médicinales en début d’infection
Pour qu’elles soient efficaces ces plantes doivent être prises très fréquemment (aux heures ou aux deux heures) – pour un adulte moyen prendre 2 ml de teinture ou une tasse d’infusion toutes les heures par exemple. On peut alterner avec des applications ou des diffusions d’huiles essentielles dans la journée, comme Eucalyptus radiata et Cinnamomum camphora. Une fois que les symptômes diminuent, on peut ralentir la fréquence pour passer à quatre à six fois par jour, mais continuer le traitement quelques jours de plus pour s’assurer d’une guérison complète.
Sureau – Sambucus nigra
Fleurs de sureau
Sambucus canadensis

Baies de sureau
Sambucus canadensis
Les fleurs ou baies de sureau sont un antiviral très puissant, surtout efficace contre les virus de la grippe et du rhume. En plus de contrôler directement le virus dans son mode de réplication, le sureau va diminuer la congestion et les écoulements nasaux. On peut le prendre sous forme d’infusion, de teinture ou de glycéré. Il existe aussi plusieurs produits à base de baies de sureau sur le marché, notamment un sirop de sureau de la marque Suro, fait au Québec.

Thym – Thymus vulgaris
Thym - Thymus vulgaris
Les feuilles de thym, cette fine herbe très connue en cuisine, sont antibactériennes et antivirales. Elles assèchent le mucus des voies respiratoires et peuvent empêcher l’infection virale de dégénérer en infection bactérienne. À consommer un maximum de sept à dix jours consécutifs sous forme d’infusion, de teinture ou de glycéré.



Ail – Allium sativum
Gousses d'ail
Allium sativum
Les gousses d’ail crues sont de puissants antibactériens à large spectre, antiviral, antifongique et antiparasitaire. Contrairement aux autres plantes que l’on prendra plusieurs fois par jour, je suggère en général de manger une à deux gousses crues et fraichement hachées (pour un adulte moyen). Pour les enfants, on peut appliquerune huile faite quelques heures à l’avance sur les pieds des tout petits. Attention, l’ail peut provoquer des chutes de pression chez les personnes qui souffrent de basse pression chronique.


Comme dans toutes les maladies la prévention reste le remède le plus efficace, mais encore une fois, les plantes médicinales sous forme d’huile essentielle, d’infusion ou autre extraction traditionnelle peuvent soulager et guérir si on les utilise correctement. Bon automne!