Formations et consultations en herboristerie et massage énergétique chinois

12 mars 2015

Ostéoporose et herboristerie - Nos os peuvent-ils rester solide avec le temps?

Depuis les 20 dernières années l’ostéoporose est passée d’une condition rare affectant les femmes de plus de 65 ans à quelque chose qui pourrait arriver à tous. Mais est-ce vraiment la réalité? Est-ce que nos os se détériorent sans que nous ne puissions rien y changer?

Qu’est-ce que l’ostéoporose?
L’ostéoporose est une condition où les os peuvent perdre jusqu’à un tiers de leur densité. Le tissu restant est poreux et fragile entrainant de la douleur constante et un risque de fractures accru lors d’activités quotidiennes normales comme en marchant ou en toussant. Il y a 20 ans le diagnostique était établit lors d’une fracture suite à un impact mineur, mais de nos jours l’ostéo-densitométrie permet de mesurer la densité osseuse et d’en suivre son évolution. Ce test ne permet pas par contre de différencier entre le tissu osseux calcifié et le tissu sain et donc d’évaluer la solidité et la flexibilité des os. Il peut être intéressant de faire une première mesure et en suivre l’évolution, si la densité osseuse reste stable au fil des ans il n’est pas forcément nécessaire d’intervenir même si elle semble légèrement plus faible que la normale. De plus, évaluer la solidité et la texture des ongles et des cheveux peut donner une idée de la santé des os.
Une résorption du tissu osseux est normale et souhaitable. Ce catabolisme (ou destruction des tissus) permet à l’os de se renouveler (anabolisme ou construction). Les nouveaux tissus sont plus solides et flexibles. Avec l’âge, à partir de la trentaine, le rythme de destruction devient plus grand que la construction de nouveaux tissus d’environ 0,5 à 1 %. À la ménopause et avec la chute d’hormones reproductrices dans l’organisme cet écart peut s’accélérer jusqu’à 1 à 5 %. L’alimentation et les plantes médicinales peuvent grandement améliorer le rapport entre les deux et stabiliser la solidité des os. De plus, l’exercice régulier, en augmentant la demande sur l’os, permet d’améliorer la densité osseuse en favorisant la construction de nouveaux tissus plus solides et flexibles.
Quels facteurs augmentent la fragilité des os?

  1. Stress chronique et destruction des tissus : La perception chronique de la réalité comme étant dangereuse entraine des déséquilibres physiologiques dans l’organisme. Une situation normale peut être perçue comme un danger par perfectionnisme, lorsqu’il y a difficulté d’exprimer les émotions ou lorsque l’envie de plaire est très forte. Pour le corps, que le danger soit réel ou imaginé, l’impact reste le même. À long terme, les glandes impliquées dans la gestion du stress – l’hypothalamus, l’hypophyse et les surrénales – s’épuisent et il s’installe de l’inflammation chronique dans les tissus, mais surtout une augmentation du catabolisme par rapport à l’anabolisme. Dans le cas des tissus osseux, la fabrication de nouveaux tissus diminuent par rapport à leur destruction, les os perdent donc de leur densité. Les plantes médicinales adaptogènes, en diminuant et en réparant l’impact du stress sur le corps, peuvent directement rééquilibrer ces glandes maitresses et augmenter les processus anaboliques de tout l’organisme.
  2. Hypochlorhydrie et mauvaise assimilation des nutriments : L’absorption du calcium et des minéraux nécessite un taux d’acide chlorhydrique important dans l’estomac. S’il n’est pas présent, même avec les meilleurs choix alimentaire ou de supplémentation, le calcium est les autres minéraux nécessaires à la formation des os ne seront pas assimilés. Les causes d’hypochlorhydrie peuvent être variées : stress chronique, manger à des heures irrégulières, mâcher de la gomme régulièrement, médication « anti-acide ». Dans tous les cas il importe de rééduquer le système digestif en consommant des aliments ou des plantes médicinales amers avant les repas. Le goût amer va stimuler la sécrétion de tous les sucs digestifs, dont l’acide chlorhydrique, en plus de stimuler le péristaltisme et la réparation de la muqueuse digestive. En adoptant cette habitude pendant quelques mois l’organisme retrouve une bonne fonction digestive et tous les nutriments sont mieux absorbés. On peut par exemple manger des endives ou de la chicorée, ou encore prendre quelques gorgées d’une infusion de feuilles de pissenlit ou d’une petite décoction de racines de raisin des montagnes avant les repas. Une bonne flore bactérienne est aussi essentielle à l’absorption adéquate des nutriments et la solidité des os.
  3. Carence en Vitamine D : Selon Donald Yance, herboriste américain et auteur du livre Adaptogens in Medical Herbalism, près de 80% de la population Nord Américaine souffre d’une carence en Vitamine D. Des chercheurs de l’Université Harvard à Boston rapportent qu’un apport adéquat en Vitamine D diminue les risques de fractures de la hanche chez les femmes ménopausées, par contre, la consommation de calcium dans l’alimentation ou en supplémentation n’a pas le même effet protecteur (Feskanich et al., American Journal of Clinical Nutrition, 2003).
  4. Sédentarité : Depuis longtemps on sait que l’exercice régulier prévient l’ostéoporose. Le tissu osseux a besoin d’être sous tension pour stimuler son renouvèlement. Des exercices où les os sont sollicités par l’impact, comme la marche, ou la force musculaire, comme la musculation, vont augmenter la fabrication de nouveau tissu osseux. Plus l’exercice est intégré tôt dans la vie, plus les os auront une grande densité avant la ménopause et une meilleure solidité avec l’âge. Après la ménopause, l’exercice reste important puisqu’il permet à l’os de se renouveler et de garder sa solidité.
Santé des os et médecine traditionnelle chinoise
Une faiblesse des os reflète une fatigue de l’énergie des Reins : « les Reins abritent la force de vie des os et de la moëlle ». De plus, selon la médecine traditionnelle chinoise à 49 ans chez la femme, les Reins faiblissent et la ménopause s’installe. Si ces derniers étaient déjà faibles, par hérédité ou par excès de grossesses, de relations sexuelles, de dépense excessive d’énergie ou de maladie, alors la santé des os peut être compromise. On peut constater une faiblesse de Reins par certains signes : dents fragiles, cernes foncées sous les yeux, personnes timides ou facilement apeurées, douleurs lombaires, nycturies, acouphènes, etc. Plusieurs plantes médicinales adaptogènes sont aussi des toniques des Reins, comme le champignon reishi (Ganoderma lucidum), les racines d’ashwagandha (Whitania somnifera) ou l’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus). Certains aliments comme les graines de sésame, les noix de grenoble, les algues, les œufs et les crevettes vont aussi nourrir l’énergie des Reins. On peut également faire un bouillon avec des coquilles d’œuf et des écailles de crevettes et l’utiliser comme base de soupe ou pour faire cuire du riz par exemple.
Dans une étude parue dans le Journal of Chinese Medicine 45 femmes ménopausées divisées en deux groupes ont reçu un traitement conventionnel incluant une supplémentation de vitamine D ainsi que de calcium oralement et intra-musculairement. Le premier groupe recevait en plus un mélange de plantes médicinales chinoises pour tonifier le Rein contenant entre autres Rehmanniae glutinosae et Poriae cocos. Après 8 mois de traitements on a pu observé dans le premier groupe une diminution de la douleur ainsi qu’une augmentation de la concentration d’œstrogène. De plus, la densité osseuse s’était améliorée après quatre mois dans les deux groupes et avait continué d’augmenter dans le groupe qui prenait le mélange de plantes médicinales pour être supérieur à l’autre groupe à la fin de l’étude (Zhao Gang et al, JTCM June 2003).
Par ailleurs, si le Qi de la Rate n’est pas suffisant, les nutriments ne seront pas bien extraits des aliments, les os ne pourront pas se reconstruire faute de matériaux. Les plantes médicinales amères stimulent le Qi de l’Estomac pour permettre aux aliments d’être bien assimilés.
Plantes médicinales à favoriser
Feuilles d'ortie
Urtica dioica
Plantes médicinales reminéralisantes : Plusieurs plantes médicinales sont riches en minéraux essentiels à la fabrication du tissu osseux. Elles sont plus efficaces extraites dans l’eau sous forme d’infusion ou de sirop ou encore dans le vinaigre de cidre de pomme biologique.

  1. Ortie – Urtica dioica : Ces feuilles riches en minéraux essentiels à la formation du tissus osseux sont aussi chargées de chlorophylle, de vitamine C, de caroténoïdes et de vitamines B. 
  2. Avoine – Avena sativa : En plus de contenir du calcium, les sommités fleuries d’avoine nourrissent le système nerveux et calment le stress qui contribue à la destruction des os.
  3.  Prêle – Equisetum arvense : Les parties aériennes de la tige stérile de cette plante médicinale riche en silice sont un excellent adjuvant aux autres plantes reminéralisantes et permettent aux nutriments, dont le calcium, de se fixer dans les os et les dents.
Plantes médicinales adaptogènes : En diminuant et en réparant l’impact physiologique du stress sur l’organisme ces plantes ont entre autre la capacité d’augmenter les processus anaboliques et ainsi la formation de nouveaux tissus tout en diminuant la destruction de la masse osseuse. La majorité des plantes adaptogènes gagnent à être extraites dans l’eau, sous forme de décoction longue ou réduit.

  1. Ashwagandha – Whitania somnifera : Les racines de cette plante adaptogène
    Baies d'ashwagandha
    Whitania somnifera
    originaire d’Inde et de la médecine ayurvédique ont la particularité d’améliorer rapidement la qualité du sommeil et de diminuer l’inflammation et la douleur dans le corps. Comme toute adaptogène elles vont augmenter les processus anaboliques et permettre à la densité osseuse de se stabiliser, voir d’augmenter.
  2.  Cordyceps – Cordyceps sinensis : Ce champignon parasite poussait à l’origine sur des insectes. Aujourd’hui il est cultivé mais reste quand même assez onéreux. Un des plus grands tonique chinois, il a la capacité de nourrir l’essence vitale et ainsi prévenir et guérir les maladies liées au vieillissement. Comme il nourrit autant le Yin que le Yang, il convient à tous et peut être utilisé de façon très sécuritaire. Combiné à d’autres grands toniques comme le champignon reishi (Ganoderma lucidum) ou les racines d’astragale (Astragalus membranaceus) ou de ginseng (Panax quinquefolium), son efficacité sera encore plus grande.
Ainsi, combinés à de saines habitudes de vie, les plantes reminéralisantes et adaptogènes sont un soutien efficace pour prévenir et stabiliser la perte de masse osseuse, en plus d’améliorer grandement la qualité de vie à plusieurs niveaux.

Références :
Osteoporosis : a Discussion, Jane Lyttleton paru dans le Journal of Chinese Medicine, 1990.
Yance, Donald, Adaptogens in Medical Herbalism : Elite Herbs and Natural Compounds for Mastering Stress, Aging, and Chronic Disease, Healing Arts Press, 2013.


26 février 2015

Quand rien ne va plus dans vos intestins…

 Comme je l’expliquais dans un article précédent, certaines intolérances alimentairespeuvent causer de l’inflammation chronique dans l’intestin. En mangeant l’aliment en cause de façon régulière (même une fois par semaine seulement), cela suffit à faire perdurer l’irritation et les problèmes digestifs : gaz, diarrhées, selles molles, douleurs, constipation.
Évidemment, une des façons de remédier au problème est d’éliminer le ou les aliments en cause pendant au moins six semaines. Plus l’arrêt sera long, plus la muqueuse aura la chance de se réparer et plus les bénéfices seront durables.
Fleur de calendule
Calendula officinalis
Durant cette période d’arrêt pour guérir notre intestin, on peut consommer en infusiondes plantes particulièrement intéressantes pour soigner l’inflammation de lamuqueuse : fleurs de camomille (Matricaria recutita), fleurs de calendule (Calendula officinalis) ou feuilles de plantain (Plantago major ou P. lanceolata). L’infusion est à privilégier puisqu’elle soigne directement le tissu affecté en passant dans le tractus digestif.
Permettre à notre flore bactérienne d’être colonisée de nouveau complète le traitement par les infusions. Pour ce faire, je recommande généralement une supplémentation de bactéries lactiques de plusieurs souches différentes et d’au moins 50 milliards de bactéries par capsule (prendre une capsule au coucher). Il est rare que je recommande un produit en particulier mais, dans ce cas, je me permets de le faire puisqu’après avoir essayé plusieurs produits j’en ai trouvé un qui, tout en offrant un excellent rapport qualité-prix, donne de très bons résultats. La compagnie NOVA, récemment installée au Québec, offre une gamme de produits très efficaces, avec ou sans souches laitières. Ces bactéries vont réparer elles aussi la muqueuse et permettre aux aliments d’être bien digérés pour diminuer la putréfaction et l’inflammation.
Normalement, après avoir suivi ces recommandations pendant trois à quatre semaines les selles devraient être redevenues lisses et fermes, et les inconforts digestifs devraient avoir grandement diminué.
Mais que fait-on si la présence de gaz, de selles molles et d’inconforts perdure?
Il arrive dans certains cas que, malgré un régime strict, l’usage de plantes médicinales et de suppléments pro-biotiques suggérés plus haut, les douleurs, les gaz et l’inconfort digestif perdurent. Trois hypothèses peuvent expliquer cette situation :
  1. Il reste un aliment dans votre régime alimentaire qui déclenche encore une réaction inflammatoire. Observer si les inconforts arrivent plus précisément après avoir consommé un aliment en particulier peut nous mettre sur la bonne piste. 
  2. L’estomac ne produit pas assez d’acide chlorhydrique (hypochlorhydrie). Cela peut survenir à la suite d’un stress chronique ou de mauvaises habitudes alimentaires comme manger à des heures irrégulières ou manger trop rapidement. Cet acide dans l’estomac sert principalement à préparer les aliments dans l’estomac, surtout les protéines et les minéraux, pour qu’ils soient prêts à être digérés par les enzymes suivants lors de leur entrée dans l’intestin. Si cette étape n’est pas bien faite, les aliments ne pourront pas être digérés adéquatement et fermenteront dans l’intestin, ce qui causera des gaz, des inconforts et éventuellement un déséquilibre de la flore bactérienne ainsi qu’une inflammation chronique de la muqueuse. Pour remédier à cette carence il suffit de consommer des plantes médicinales ou des aliments au goût amer (endives, radicchio, laitues amères) avant les repas pour stimuler la sécrétion de tous les enzymes digestifs et améliorer la digestion, l’assimilation et la santé de votre muqueuse digestive.
  3. Certaines bactéries pathogènes se sont installées de façon « permanente » et font perdurer l’inflammation de l’intestin. Ces bactéries peuvent sécréter des matières gélatineuses qu’on appelle des biofilms pour esquiver notre immunité ou les substances anti-bactériennes que nous ingérons pour les contrôler. Il faut alors défaire ces biofilms à l’aide d’enzymes protéolytiques, comme le serratiopeptidase, consommés à jeun, puis déloger les bactéries pathogènes à l’aide de plantes spécifiques comme l’hydraste (Hydrastis canadensis) ou d’huiles essentielles comme l’origan (Origanum vulgare).


Avec ce type de traitement, cela peut prendre plusieurs mois, voire un an, avant que les améliorations ressenties après quelques semaines soient consolidées. Des rechutes sont fréquentes, souvent liées au stress ou à des écarts alimentaires, mais parfois même sans raison apparente. Consulter un herboriste thérapeuteaccrédité permet d’assurer un suivi et de vous aider à voir clair au sujet des différentes hypothèses possibles.

25 septembre 2014

Enterovirus et plantes médicinales

Cet automne un nouveau virus a été détecté par les hôpitaux et centre de soins, il sème l’inquiétude chez les gens par ses effets secondaires puisque les personnes atteintes, surtout si elles avaient déjà des faiblesses au niveau du système respiratoire (asthme, coqueluche, tuberculose, etc.) peuvent avoir des symptômes plus graves.
Ce virus nommé « entérovirus D68 » donne les mêmes symptômes qu’un rhume – écoulement et congestion nasale sans fièvre – mais peut chez les enfants souffrant d’asthme par exemple, entrainer de graves faiblesses respiratoires et un manque d’oxygénation, il est donc important dans ces cas de consulter un médecin.
Comme dans toutes les maladies, la prévention reste la meilleure façon d’éviter ces problèmes :
  • Bien se laver les mains pour diminuer les risques de contagion.
  • Garder les enfants à la maison s’ils sont malades.
  • Essayer de se reposer le plus possible.
  • Diminuer la consommation de sucre, qui affaiblit le système immunitaire, et de produits laitiers, qui augmentent la congestion au niveau des voies respiratoires et donc leur capacité à se défendre contre les intrus comme les virus
  • Prendre une supplémentation en pro biotiques : Il existe plusieurs produits sur le marché adaptés à tous les âges et augmentent l’immunité, donc la protection aux infections.
  • Consommer régulièrement des plantes médicinales qui nourrissent le système immunitaire comme l’Astragale – Astragalus membranaceus, le Codonopsis – Codonopsis pilosula ou le Reishi – Ganoderma lucidum.

Plantes médicinales en début d’infection
Pour qu’elles soient efficaces ces plantes doivent être prises très fréquemment (aux heures ou aux deux heures) – pour un adulte moyen prendre 2 ml de teinture ou une tasse d’infusion toutes les heures par exemple. On peut alterner avec des applications ou des diffusions d’huiles essentielles dans la journée, comme Eucalyptus radiata et Cinnamomum camphora. Une fois que les symptômes diminuent, on peut ralentir la fréquence pour passer à quatre à six fois par jour, mais continuer le traitement quelques jours de plus pour s’assurer d’une guérison complète.
Sureau – Sambucus nigra
Fleurs de sureau
Sambucus canadensis

Baies de sureau
Sambucus canadensis
Les fleurs ou baies de sureau sont un antiviral très puissant, surtout efficace contre les virus de la grippe et du rhume. En plus de contrôler directement le virus dans son mode de réplication, le sureau va diminuer la congestion et les écoulements nasaux. On peut le prendre sous forme d’infusion, de teinture ou de glycéré. Il existe aussi plusieurs produits à base de baies de sureau sur le marché, notamment un sirop de sureau de la marque Suro, fait au Québec.

Thym – Thymus vulgaris
Thym - Thymus vulgaris
Les feuilles de thym, cette fine herbe très connue en cuisine, sont antibactériennes et antivirales. Elles assèchent le mucus des voies respiratoires et peuvent empêcher l’infection virale de dégénérer en infection bactérienne. À consommer un maximum de sept à dix jours consécutifs sous forme d’infusion, de teinture ou de glycéré.



Ail – Allium sativum
Gousses d'ail
Allium sativum
Les gousses d’ail crues sont de puissants antibactériens à large spectre, antiviral, antifongique et antiparasitaire. Contrairement aux autres plantes que l’on prendra plusieurs fois par jour, je suggère en général de manger une à deux gousses crues et fraichement hachées (pour un adulte moyen). Pour les enfants, on peut appliquerune huile faite quelques heures à l’avance sur les pieds des tout petits. Attention, l’ail peut provoquer des chutes de pression chez les personnes qui souffrent de basse pression chronique.


Comme dans toutes les maladies la prévention reste le remède le plus efficace, mais encore une fois, les plantes médicinales sous forme d’huile essentielle, d’infusion ou autre extraction traditionnelle peuvent soulager et guérir si on les utilise correctement. Bon automne!

11 septembre 2014

Insomnie quand tu nous tiens

Avoir des problèmes de sommeil peut être très frustrant et rendre les journées suivantes difficiles au niveau de la concentration, de la mémoire et même de l’humeur. À long terme, un sommeil irrégulier ou non réparateur peut entrainer des déséquilibres hormonaux et une baisse de l’immunité.
Tout d’abord
Avant même de vous parler de plantes médicinales je dois souligner l’importance de certains facteurs qui peuvent paraitre évident mais que je constate régulièrement dans ma pratique :
Éviter les stimulants : Effectivement, plusieurs de mes clients ont vu une grande amélioration de leur sommeil en diminuant et éliminant le café ou autres boissons contenant de la caféine ou autre stimulant.
Consommer une grande quantité de légumes verts : Ils contiennent le magnésium nécessaire au système nerveux pour rester calme. On en retrouve aussi abondamment dans les graines de chanvres.
Couper l’ordinateur, les tablettes électroniques et la télévision : L’écran de ces appareils stimulent – via le nerf optique – directement votre système nerveux. Arrêter leur utilisation quelques heures avant d’aller vous coucher permet à votre organisme de faire une transition vers le sommeil.
Vous avez de la difficulté à vous endormir ou vous rendormir?
En médecine traditionnelle chinoise et en herboristerie, la forme d’insomnie en dit long sur la cause du problème. Si vous avez de la difficulté à vous endormir ou que vous vous réveillez systématiquement entre une heure et trois heures du matin, il se peut que les problèmes de sommeil soient liés à votre foie. En effet, lorsque l’énergie, ou le Qi, du Foie bloque cela entraine ce type d’insomnie. Dans les causes évidentes on pense à un repas trop lourd ou trop tard en soirée ou l’utilisation de l’ordinateur ou de la télévision avant d’aller se coucher, mais ce qui « coince » le plus souvent le foie ce sont les frustrations quotidiennes ou les émotions non exprimées. Tenir un journal en fin de journée, parler à un ami ou consulter un psychothérapeute peut aider à faire circuler toute cette énergie et même vider la tête de toutes les pensées qui tournent sans arrêt et nous empêche de nous endormir. Faire de l’exercice régulièrement contribue aussi à faire circuler le Qi et diminuer l’insomnie.
Pour aider à l’endormissement je recommande des plantes qui soutiennent le foie comme la racine de pissenlit (Taraxacum officinale) ou le rhizome de curcuma (Curcuma longa) prises sur une base quotidienne et accompagnées de plantes médicinales calmantes dont voici quelques exemples :
Scutellaire – Scutellaria lateriflora
Sommités fleuries de scutellaire
Scutellaria lateriflora

Une de mes plantes médicinales calmante préférée, les sommités fleuries de scutellaire, par leur goût amer, aide à faire circuler le Qi du Foie et calmer l’anxiété presque instantanément. Elles nourrissent le système nerveux et à long terme harmonisent les émotions et permettent d’être moins sensible aux stress quotidien. À court terme une dose plus forte (1 à 2 ml de teinture) aide à s’endormir. Dans ce cas je la combine toujours à de la lavande (Lavendula angustifolia) qui est un puissant calmant du système nerveux et un relaxant musculaire et de la mélisse (Melissa officinalis). Ce type de mélange peut être repris au besoin dans la nuit si l’insomnie revient.
Mélisse – Melissa officinalis
Feuilles de mélisse
Melissa officinalis
Les feuilles de cette autre plante calmante peuvent être consommées en teinture, vinaigre ou infusion. Pour un problème chronique d’anxiété ou d’insomnie je recommande souvent l’infusion en journée et la teinture au coucher ou dans la nuit. Une de ses propriétés intéressante est d’aider à se souvenir des rêves, cette porte vers l’inconscient est utile pour prendre des décisions ou travailler sur son monde émotif. En plus d’agir sur le système nerveux, la mélisse soutient la digestion en diminuant la formation de gaz et de ballonnements et aide à combattre les poussées d’herpès.
Vous vous réveillez fréquemment la nuit?
Il se peut que vous vous endormiez facilement mais que vous ayez l’impression de dormir peut profondément ou de vous réveiller au moindre petit bruit ambiant. Un stress chronique ou des quarts de travail variables peuvent entrainer des problèmes de sommeil de ce genre. Comme je l’expliquais dans un article précédent, l’axe entre l’hypophyse, l’hypothalamus et les glandes surrénales peut se dérégler avec le temps et emmener ce type de problème de sommeil. C’est une insomnie qui s’installe graduellement ou après un changement d’habitudes plus important comme la perte d’un emploi ou un accouchement.
Dans ce type d’insomnie, les plantes médicinales privilégiées sont adaptogènes. Elles permettent de retrouver l’équilibre entre ces trois glandes maitresses en nourrissant et soutenant les glandes surrénales. Consommées de façon quotidienne, l’action de ces plantes est en général perçue au bout de trois semaines et est cumulative. Plus la prise de la plante choisie sera longue (mois ou années), plus l’action sera profonde et permanente.
Ashwagandha – Whitania somnifera
Baies d'ashwagandha
Whitania somnifera
Comme son nom latin l’indique, les racines de cette plante sont utilisées pour favoriser le sommeil. C’est la seule plante adaptogène qui aura une action rapide sur le sommeil. Un des usages traditionnels de cette plante est de mélanger 1 c. à thé de poudre de racines à une tasse de lait et chauffer 15 mn. On peut remplacer le lait de vache par un lait végétal au choix (soja ou amande) et la préparation est bue avant le coucher. En plus de favoriser un sommeil rapide et profond l’ashwagandha va nourrir les glandes surrénales et améliorer la tolérance au stress par l’organisme – augmenter la concentration, la mémoire, la résistance au stress ou aux changements et diminuer l’inflammation chronique. Cette plante médicinale peut aussi être utilisée en capsules, teinture ou vinaigre.
Il existe plusieurs autres plantes adaptogènes et certaines comme l’éleuthérocoque (Eleutherococcus senticosus) favorisent un sommeil profond après quelques semaines tout en donnant plus d’énergie dès la première semaine d’utilisation. On peut choisir de la prendre le matin et l’ashwagandha le soir.
Comme plusieurs types d’insomnie sont souvent présents en même temps, on peut superposer les plantes adaptogènes aux plantes calmantes et sédatives. Il existe aussi de nombreuses autres plantes sédatives comme la passiflore, le houblon ou la gentiane. Le travail d’un herboriste thérapeute consiste à choisir les bonnes selon les symptômes et le type de personne qui recherche ce soutien.