Formations et consultations en herboristerie et massage énergétique chinois

13 février 2014

Mes livres préférés sur les plantes adaptogènes


Dans cet article je tiens à vous présenter les deux livres dont je me sers comme référence lorsque je veux parler des plantes médicinales adaptogènes. Pour ceux d’entre vous qui me suivez régulièrement, vous savez sûrement que ces plantes servent à diminuer età prévenir l’impact du stress chronique sur l’organisme (immunité,inflammation, système nerveux et endocrinien).
En quelques phrases, pour les nouveaux, lorsque nous percevons la réalité comme étant dangereuse, ou si nous avons de la difficulté à exprimer nos émotions de façon efficace, il s’ensuit une réponse physiologique avec sécrétion de cortisol par les glandes surrénales. Lorsque cette sécrétion est chronique plusieurs fonctions biologiques sont affectés : déséquilibre immunitaire, endocrinien et du système nerveux. Les plantes médicinales que l’on nomme adaptogènes ont la capacité de prévenir et réparer ces « dégâts » causés par le stress en agissant directement sur les glandes surrénales, l’hypophyse et l’hypothalamus ainsi qu’en régulant la production de cortisol. Ces plantes sont donc aussi utiles lorsqu’il y a une déficience en cortisol (fatigue chronique par exemple), résultant souvent d’une fatigue des glandes surrénales due au stress.
Malheureusement, la bibliothèque d’un herboriste se compose surtout de livres en anglais. Les auteurs étant plus nombreux et la pratique plus active en Amérique du Nord et en Angleterre.
Adaptogens in Medical Herbalism : Elite Herbs and Natural Compounds for Mastering Stress, Aging, and Chronic Disease – Donald Yance, CN, MH, RH (AHG) - 2013
J’ai eu la chance de suivre une formation avec cet herboriste américain, propriétaire d’une clinique en Oregon qui se spécialise dans le traitement du cancer avec les produits de santé naturels. Donald Yance est aussi consultant pour plusieurs cliniques oncologiques intégratives aux États-Unis où les traitements conventionnels de chimiothérapie et radiothérapie sont combinés aux plantes médicinales et suppléments. J’attendais avec impatience la sortie de ce livre cet automne puisque dans ses formations comme dans ses livres, Donald Yance est capable de synthétiser des résultats de recherches scientifiques très récentes avec son expérience de clinicien, tout en faisant des liens entre les différents systèmes physiologiques pour expliquer des processus complexes comme le diabète ou l’impact du stress sur la thyroïde par exemple.
La première partie de ce livre de 658 pages est consacrée au fonctionnement de l’organisme et aux conséquences du stress chronique sur le système cardiovasculaire ou le squelette par exemple, sans oublier notre santé spirituelle – l’auteur ayant été moine franciscain par le passé. Juste cette moitié du livre vaut selon moi son achat. Les notions sont expliquées de façon exhaustive et claire.
La deuxième partie de l’ouvrage se consacre aux différentes plantes médicinales et produits de santé naturels qui peuvent composer un traitement. J’avoue avoir été un peu déçue par le peu de profondeur de chaque monographie, mais c’est compensé par la variété de sujets couvert- ce qui en fait un excellent livre de référence selon moi.

Adaptogens : Herbs for Strength, Stamina, and Stress Relief – David Winston RH (AHG) and Steven Maimes - 2007
Ce deuxième livre plus court mais tout aussi intéressant a été écrit par Steven Maimes (anciennement propriétaire d’un fabricant de produits de santé naturels et aujourd’hui chercheur et auteur) et David Winston (herboriste clinicien – critère important lorsque j’utilise un livre comme référence puisque les plantes médicinales peuvent avoir de nombreux effets en laboratoire ou dans les livres qui ne se traduisent pas toujours par une action concrète dans la pratique). Comme le premier livre dont je vous parlais, la première partie est consacrée à l’explication de phénomènes physiologiques liés au stress et est suivi en deuxième partie de monographies de plantes médicinales adaptogènes et autres utiles pour traiter les déséquilibres découlant de stress chronique.
Étant plus court, ce deuxième livre est aussi plus concis; ce qui est utile lorsqu’on n’a pas forcément beaucoup de temps à accorder à une recherche. Il est aussi écrit dans un langage plus accessible, donc plus facile pour les francophones.
Si vous connaissez des bons livres sur le sujet écrit en français, je vous invite à m’écrire en laissant un commentaire au bas de cet article.

9 janvier 2014

Équilibre, santé et vitalité – deuxième partie


Ces concepts sont connus depuis longtemps maintenant. Déjà en 1936, le professeur canadien Hans Selye avait émis la théorie selon laquelle le stress serait la source de plusieurs maladies chroniques puisqu’il crée des déséquilibres physiologiques importants. Dans les années 1930, en faisant des recherches sur les impacts physiologiques du stress, il avait élaboré une théorie voulant que le corps réagisse aux évènements en trois phases : l’alarme, la résistance et l’épuisement, chacune ayant ses réactions biochimiques propres.
1- Phase d’alarme : Lorsqu’il y a perception de danger ou adaptation à un changement, l’hypothalamus, l’hypophyse et les glandes surrénales sont appelées à réagir. Ces dernières produisent plusieurs hormones, dont le cortisol, pour augmenter le métabolisme et nous permettre d’attaquer ou de fuir le danger. Une fois ce dernier passé, le corps retourne à son état normal.
Durant cette phase, les plantes médicinales adaptogènes vont augmenter la vitalité et la réserve d’énergie nécessaires à tous ces processus physiologiques en modulant les sécrétions hormonales, surtout le cortisol. Par exemple, elles vont augmenter la sensibilité de l’hypothalamus à cette dernière pour qu’une moins grande quantité soit nécessaire à l’obtention d’une réponse. De plus, elles réduisent les réactions aux stresseurs, retardant ainsi la phase d’épuisement, et elles nourrissent les glandes surrénales pour contrecarrer une demande accrue de ces hormones.
2- Phase de résistance : Dans cette deuxième phase, l’organisme tente de résister au stress. Les niveaux d’hormones restent élevés et peuvent perturber l’homéostasie et causer des dommages aux organes internes, ce qui rend le corps plus vulnérable aux maladies. L’énergie nécessaire à ces processus diminue avec le temps et entraîne un épuisement physiologique. Comme dans la phase d’alarme, les plantes adaptogènes sont ici très importantes pour soutenir les différentes glandes impliquées et augmenter la vitalité afin de retarder la phase d’épuisement.
3-  Phase d’épuisement : Dans cette dernière phase, la perception de danger dure depuis longtemps. L’organisme a perdu sa capacité d’adaptation, et c’est là qu’on voit apparaître plusieurs problèmes de santé, notamment de la fatigue, de l’insomnie, des déséquilibres immunitaires (maladies auto-immunitaires, infections à répétition, inflammation, etc.). À ce stade, les plantes adaptogènes sont essentielles pour régénérer les glandes surrénales, rééquilibrer les différentes sécrétions hormonales et permettre ainsi de recouver la santé.
Plantes médicinales adaptogènes
Toutes les plantes médicinales dites adaptogènes vont donc, en agissant sur l’axe entre l’hypophyse, l’hypothalamus et les glandes surrénales, augmenter la vitalité et l’énergie, et ramener l’homéostasie. Ainsi, les tissus pourront être réparés, et les divers processus physiologiques, normalisés (pression artérielle, sécrétion de neurotransmetteurs, glycémie, etc.). Ces plantes ont toutes une action cumulative, c’est-à-dire que plus elles sont consommées sur une longue période (trois mois à un an), plus leur action sera profonde et durable. En général les gens voient une amélioration dans leur niveau d’énergie, leur capacité d’adaptation aux changements et la qualité de leur sommeil, après trois à quatre semaines. Mais ces changements ne font que s’enraciner avec le temps. Il est donc très important de continuer la prise pendant plusieurs mois.
Même si elles ont toutes des actions communes par leur mode de fonctionnement, chaque plante sera un peu différente et aura des « spécialités » que je vais tenter de vous décrire. La meilleure façon de savoir ce qu’une plante médicinale a comme effet est de l’essayer pendant une longue période, de cohabiter avec elle et de la laisser imprégner toutes nos cellules. Je vous invite donc à en choisir une qui semble mieux vous convenir pour en consommer au quotidien, sous différentes formes (teinture, infusion ou décoction), au moins jusqu’au printemps, sinon pendant un an. Vous m’en direz des nouvelles.
Rhodiola – Rhodiola rosea
Rhodiola rosea
La racine de cette plante grasse indigène présente dans toute la zone circumpolaire, du Canada à la Sibérie, a été abondamment étudiée pour ses propriétés médicinales, ce qui prouve qu’elle est tout aussi intéressante que le ginseng (Panax ginseng) en tant que plante énergisante, mais sans la sur-stimulation que peut apporter ce dernier. Elle est même plus efficace comme protectrice durant les périodes de stress intense. Elle augmente rapidement l’énergie physique, la concentration et la mémoire. Elle est aussi « cardio-protectrice », c’est-à-dire qu’elle normalise les fonctions cardiaques et aide à guérir les maladies cardiovasculaires en lien avec le stress chronique comme l’hypertension, les AVC et les infarctus. De plus, elle diminue l’anxiété, et c’est une plante de choix dans un mélange contre la dépression, surtout liée à la fatigue et au surmenage.
Parce qu’elle augmente la circulation du sang au cerveau et agit sur l’axe entre l’hypophyse, l’hypothalamus et les glandes surrénales, comme toutes les adaptogènes, le rhodiola est intéressant durant une convalescence à la suite d’un traumatisme du cerveau, d’un déficit d’attention, ou encore pour  prévenir des maladies dégénératives comme celles d’Alzheimer ou de Parkinson. Ses racines possèdent une agréable odeur de rose, mais sont aussi très astringentes. Il est donc important de les combiner à d’autres plantes médicinales pour éviter de trop assécher l’organisme.
Ashwagandha – Whitania somnifera
Whitania somnifera
Cette plante de la famille des solanacées est une plante indigène des régions sèches subtropicales de l’Inde et du Pakistan. Contrairement au rhodiola, les racines d’ashwagandha ont plutôt une action calmante. Comme son nom latin (somnifera) l’indique, cette plante est utilisée pour favoriser le sommeil, autant pour s’endormir rapidement que pour dormir profondément. De plus, ses racines ont une action marquée sur la thyroïde, surtout en cas d’hypothyroïdie.
J’aime choisir l’ashwagandha lorsqu’il y a inflammation ou douleur chronique, surtout si celle-ci est en lien avec une période de stress chronique. Combinée à la racine de curcuma (Curcuma longa), cette plante est très efficace pour contrôler la douleur.
Astragale – Astragalus membranaceus
Semences d'astragale
Astragalus membranaceus
Les racines d’astragale, une plante originaire de Chine, sont utilisées traditionnellement pour améliorer l’énergie et l’immunité. Concrètement, cette plante réchauffe en profondeur et nourrit le système immunitaire pour qu’il combatte plus efficacement les infections. Elle est particulièrement intéressante en cas de fatigue, accompagnée de sensation de froid et de lourdeur au niveau des membres.
Par contre, comme c’est une plante réchauffante, elle est déconseillée en cas de fièvre, d’infection aigüe ou de trop forte chaleur, comme les bouffées de chaleur à la ménopause.
Basilic sacré – Ocimum sanctum
Cette plante originaire d’Inde et d’Asie est une plante adaptogène calmante qui a une grande influence sur le système nerveux. Elle est particulièrement intéressante lorsqu’il y a anxiété et dépression, pour calmer et protéger les glandes surrénales et le système nerveux de l’impact du stress chronique. Contrairement aux autres plantes adaptogènes qui doivent en général être consommées sous forme de décoction, de sirop ou d’extraits concentrés, Les sommités fleuries de basilic sacré peuvent être prises en infusion. De plus, de nombreuses études démontrent son efficacité sur la régulation de la glycémie (hypoglycémie, syndrome métabolique ou diabète).
J’imagine que vous êtes maintenant convaincus, si vous ne l’étiez pas déjà à la fin du premier article. Je voudrais par contre souligner l’importance de combiner ces plantes merveilleuses à une forme d’exercice régulier adaptée à la quantité d’énergie disponible, ainsi qu’à des périodes de méditation ou à des temps d’arrêt complet dans la journée. En effet, ces moments d’immobilité permettent au corps, comme à la nature en hiver, de se régénérer, d’emmagasiner de l’énergie plutôt que de la dépenser et de faire le point pour prendre pleinement conscience de ce qui est important. Ainsi, on peut choisir où cette nouvelle énergie et ce regain de vitalité vont être le mieux employés pour notre bonheur et notre santé.
Références :
Winston, David et S. Maimes. Adaptogens: Herbs for Strength, Stamina, and Stress Relief. Healing Arts Press, 2007.
Yance, Donald. Adaptogens in Medical Herbalism – Elite Herbs and Natural Compounds for Mastering Stress, Aging and Chronic Disease. Healing Arts Press, 2013. 

12 décembre 2013

Ma fille a fait une gastro...


Quel bonheur pour une maman herboriste de redécouvrir une plante à travers le regard de sa petite fille! La mienne a eu une petite gastro – sa première à vie à six ans, je crois que je suis chanceuse… Pour ce dernier article juste avant Noël, et pour soutenir tous les parents qui accompagnent un enfant avec une gastro entérite, j’ai voulu vous partager cette nouvelle redécouverte.

Qu’est-ce que la gastro

En général, cette infection bénigne est causée par un virus qui crée de l’inflammation dans la muqueuse du système digestif, d’où son nom gastro (pour estomac) et entérite (« entér » : pour intestins et « ite » : pour inflammation). C’est cette irritation qui va causer les symptômes désagréables de nausée, vomissements, inconforts et douleurs et diarrhées. En prévention bien sûr les mesures d’usages seront très utiles comme se laver les mains souvent, surtout avant de manger. Les suppléments de pro biotiques aussi seront très efficaces. En général je suis au courant de ces vagues de « gastros » qui tournent autour de ma famille et j’en donne à ma fille tous les jours pendant que tous sont malade autour de nous, expliquant peut être sa résistance jusqu’à cette fois ci où j’ai réagis trop tard.

Une fois l’infection installée

L’hydratation est importante surtout si l’enfant vomis souvent et a de la diarrhée. En effet, il perdra beaucoup de liquides de cette façon et les remplacer sera primordial pour éviter qu’il ne soit déshydraté et que d’autres problèmes surviennent.

Feuilles de mélisse
Melissa officinalis
Mais la plante que j’ai redécouverte en fin de semaine est la mélisse (Melissa officinalis). C’est en caressant doucement le ventre de ma fille que son image m’est revenue. Je la recommande régulièrement pour l’anxiété ou l’insomnie et pour ses propriétés calmantes et sa capacité de calmer notre « petit hamster mental » ou les pensées incessantes. Mais les feuilles de mélisse sont aussi anti virales, digestives et surtout anti émétiques (ou anti nausées). La plante parfaite dans cette circonstance.

J’ai donc tout de suite fait une infusion à ma fille et lui en ai proposé. J’étais sceptique parce qu’en général elle ne veut pas boire de tisanes mais elle en a tout de suite pris et m’en a redemandé à plusieurs reprises dans la nuit et la journée suivante. J’étais touchée par son envie de cette plante, même au milieu de ses rêves…

La mélisse a un goût très agréable, légèrement citronnée (d’où son nom anglais : lemonbalm) et prise à la fin d’un repas elle aidera à la digestion et à la diminution de crampes, gaz et ballonnements. On peut la donner aux enfants dès l’âge de un an et elle convient à tous. Elle peut aussi être prise en glycéré, vinaigre ou teinture et bien sûr, on peut en prendre pour le plaisir, sans raisons de santé!

Joyeuses fêtes et mes meilleurs vœux de santé!

9 décembre 2013

Équilibre, santé et vitalité comme cadeau de Noël – première partie


Quoi de mieux que la santé pour Noël? Je vous offre les plantes médicinales dites adaptogènes. Grâce à leur capacité à nous aider à nous adapter et à régulariser notre immunité, nos hormones et notre système nerveux, elles guérissent tous les maux. J’ai fait allusion à ces plantes médicinales utilisées anciennement comme des panacées dans plusieurs de mes articles sans m’y attarder. Je choisis de vous expliquer leur fonctionnement et, dans un prochain article, de vous en présenter quelques-unes qui m’accompagnent et qui soutiennent mes clients depuis plusieurs années, dont le rhodiola (Rhodiola rosea), le ginseng (Panax quinquefolius) et le basilic sacré (Ocimum sanctum).
Tout d’abord, en quoi consiste le stress?
Selon l’OMS : « le stress apparaît chez une personne dont les ressources et les stratégies de gestion personnelles sont dépassées par les exigences qui lui sont posées ». Il peut s’agir d’un évènement ou d’un facteur qui demande une réponse à un changement dans l’environnement physique ou émotif. Il existe des situations où il peut être plus facile de déterminer les sources de stress, comme un déménagement, une perte d’emploi ou un nouveau travail, une rupture plus difficile, etc. Ce que je vois le plus souvent chez mes clients et chez moi-même, c’est une tension interne, difficile à cerner ou à expliquer et même des fois à sentir, mais qui découle plutôt de notre perception de la réalité, c’est-à-dire lorsque l’on perçoit un changement ou une demande comme un danger. Dans son livre intitulé When the Body Says No, le docteur Gabor Maté explique qu’un manque de sécurité dans l’enfance, le fait d’avoir été élevé par des parents physiquement présents mais émotivement distants ou d’avoir de la difficulté à exprimer ses émotions entraînent une distorsion de la perception de la réalité qui crée un stress chronique ayant des effets néfastes pour l’organisme.

S’ajoutent à cela les toxines environnementales (présentes dans nos aliments, dans l’eau que nous buvons et dans l’air que nous respirons quotidiennement), les champs électromagnétiques qui modifient les liens fragiles entre les atomes qui composent nos cellules et toute matière présente sur terre, ainsi que le manque de connexion avec la nature, si précieuse pour se ressourcer et se nourrir autant physiquement que psychologiquement et spirituellement. Notre corps doit donc composer quotidiennement avec de multiples sources de stress et il se retrouve en déséquilibre.
Adrénaline et cortisol à long terme : leur impact chronique dans le corps
Toute demande ou adaptation entraîne une réaction physiologique et commune à tous les animaux : une sécrétion de l’adrénaline de nos glandes surrénales qui nous permet de fuir ou de faire face à la situation en provoquant plusieurs changements biologiques, comme une accélération de notre rythme cardiaque, une augmentation de la circulation périphérique, une dilatation des pupilles, etc. De plus, il y aura sécrétion de cortisol par une autre partie de ces mêmes glandes pour mobiliser nos réserves et augmenter la quantité de glucose en circulation afin d’avoir l’énergie de réagir à la situation. Nos croyances ou les conventions sociales auxquelles nous choisissons d’adhérer font que nous restons dans la même situation, ce qui crée une chronicité de cet état. Ainsi, ces sécrétions hormonales deviennent constantes.
Cette circulation perpétuelle d’adrénaline et de cortisol provoque un déséquilibre de l’axe entre l’hypothalamus, l’hypophyse et les glandes surrénales (axe HHS). Cet axe et ces trois organes sont les chefs d’orchestre de tous nos mécanismes de régulation de la pression artérielle, de l’inflammation et de l’immunité, de la glycémie, des fonctions thyroïdiennes, du système nerveux (le sommeil, l’humeur, la douleur, etc.). Ainsi, chez certaines personnes, les premières conséquences seront un sommeil moins profond et, donc,  moins réparateur, ce qui peut paraître anodin, mais qui peut avoir de graves conséquences en modifiant les niveaux de mélatonine et de l’hormone de croissance. Ces deux hormones servent à la réparation des tissus et à l’équilibre de toutes les autres hormones. Chez d’autres personnes, les effets seront perçus davantage sur le plan de l’immunité : diminution de la résistance aux virus et aux bactéries. Ou encore, ces hormones de stress entraîneront des déséquilibres  de la glycémie et causeront l’hypoglycémie, le syndrome métabolique ou le diabète de type II, si la situation persiste pendant des dizaines d’années.
À la longue, et notre capacité d’adaptation diminuant avec l’âge, les problèmes de santé directement liés au stress chronique sont de plus en plus apparents, voire graves (diabète, cancer, maladies cardiovasculaires, infertilité, douleur chronique, hypothyroïdie, etc.)
En plus de déséquilibrer toutes les hormones et le système nerveux, le cortisol et l’adrénaline en circulation de façon chronique entraînent une suppression du système immunitaire, une baisse des globules blancs et une inflammation chronique liée à plusieurs problèmes de douleur chronique, aux maladies cardiovasculaires, au diabète de type II et aux cancers.
Utilité des plantes médicinales adaptogènes 
J’en viens donc à ces plantes médicinales que certains de mes clients trouvent « magiques » parce qu’elles semblent régler tous leurs maux tout en harmonisant les fonctions biologiques. En effet, elles sont utilisées autant pour l’hypertension que l’hypotension, l’hyperthyroïdie ou l’hypothyroïdie, l’hypoglycémie ou le diabète de types I et II, les allergies ou le cancer, etc. Le terme « adaptogène » a d’abord été défini en 1947 par un chercheur russe, le docteur Nicolaï Lazarev, comme étant une substance qui permet à l’organisme de s’adapter plus facilement aux changements et qui le protège des effets néfastes du stress. Concrètement, ces plantes vont agir sur les glandes surrénales, l’hypothalamus et l’hypophyse pour moduler les sécrétions hormonales et diminuer l’impact de la circulation chronique d’adrénaline et de cortisol sur les tissus. De plus, en nourrissant les glandes surrénales, elles permettent au corps de se régénérer après un stress chronique ou lorsque le déséquilibre est déjà installé.
Selon moi, le corps est une machine merveilleuse qui a la capacité phénoménale de se réparer et de retrouver sa vitalité à condition, bien sûr, quand on lui donne les outils pour le faire. Bien s’alimenter, prendre du temps pour soi et ne rien faire, avoir des occupations et des relations nourrissantes sont à la base d’une guérison. Les plantes médicinales adaptogènes apportent un complément pour accélérer ce retour vers la santé et permettre au corps de retrouver son équilibre nerveux, immunitaire et endocrinien.
Dans le prochain numéro je vous présenterai quelques-unes de ces plantes extraordinaires utilisées depuis des millénaires en Asie. Les connaître vous permettra de choisir celle que vous déciderez d’adopter pour la nouvelle année.