Formations et consultations en herboristerie et massage énergétique chinois

6 août 2014

Mes fines herbes médicinales préférées - Votre cuisine peut vous soigner!

Toutes vos fines herbes et épices de cuisine ont des propriétés médicinales, le saviez vous? Le 9 août prochain, je donnerai uneformation pour découvrir les vertus de ces plantes et apprendre à fabriquer unvinaigre médicinal dans un magnifique jardin à Bromont. En attendant, je vous présente mes préférées et je vous invite à les essayer. Leur goût est très agréable et leurs effets, nombreux.

ThymThymus vulgaris
Fleurs de thym
Thymus vulgaris
Les feuilles de cette plante médicinale vivace sont un aromate commun dans nos cuisines. Elles renferment de nombreuses propriétés médicinales. Antiseptique puissant des voies respiratoires, le thym est très intéressant en cas d’infection virale ou bactérienne (rhume, grippe, amygdalite, otite, bronchite). On peut le prendre en infusion, teinture ou vinaigre. Pour les enfants, on peut diluer l’infusion dans un jus de fruit. Comme pour toutes les plantes médicinales utilisées pour traiter une infection, il est important d’en prendre une assez bonne dose et, surtout, toutes les heures ou toutes les deux heures pour qu’il y ait un impact sur l’agent pathogène (virus, bactérie, etc.).
Attention : les feuilles de thym sont à éviter durant une trop longue période (plus de trois semaines) ou pour les enfants de moins de deux ans, puisque leurs huiles essentielles peuvent être irritantes pour les reins. Un bain de vapeur peut être utilisé comme solution de rechange pour les tout-petits (ou les plus grands). En versant de l’eau bouillante sur des feuilles de  thym sèches, une vapeur riche en huiles essentielles thérapeutiques s’en dégage. Il suffit de la respirer pour en retirer les bienfaits, puisque ces essences volatiles agissent alors directement sur les voies respiratoires.

RomarinRosmarinus officinalis
Feuilles de romarin
Rosmarinus officinalis
Je crois que le romarin reste une de mes plantes médicinales préférées. Antiseptique comme le thym, il va en plus stimuler la circulation sanguine et ainsi réchauffer les extrémités et emmener plus de
sang et d’oxygène au cerveau pour augmenter considérablement la mémoire et la concentration. On peut prendre une tasse d’infusion ou 1 ml de teinture ou de vinaigre de romarin après le repas du midi, par exemple, pour se redonner un peu d’énergie pour terminer sa journée de travail. Il n’a pas l’effet « adrénergique » du café et n’augmente pas l’anxiété ou les palpitations cardiaques. Chez les personnes en Vide de sang en médecine traditionnelle chinoise, le romarin calme l’anxiété et donne l’impression d’être plus « centré ».
Pour stimuler la circulation du sang, on peut aussi utiliser le romarin en externe. Sous forme d’infusion, il peut servir de produit de rinçage pour les cheveux afin de stimuler leur repousse ou dans un bain de pieds ou de mains, il peut aider à réchauffer les extrémités. Les feuilles de romarin peuvent également être extraites après macération dans l’huile et appliquées sur la peau.

FenouilFoeniculum vulgare
Graines de fenouil
Foeniculum vulgare
Les graines de fenouil constituent la partie la plus médicinale de la plante, car leur concentration en huiles essentielles est plus grande. Pour diminuer les gaz et les ballonnements, on peut consommer ces graines en infusion, teinture ou vinaigre. Les graines de fenouil constituent l’une des rares plantes qui peuvent être données aux nouveaux-nés. Elles sont excellentes pour diminuer les coliques. De plus, comme leurs propriétés passent dans le lait maternel, si la mère en consomme, celles-ci augmenteront la production le lait tout en aidant à diminuer les coliques et les inconforts digestifs du bébé.
Je recommande souvent ces graines dans un bain de vapeur pour calmer la toux, car leur action antispasmodique des muscles lisses diminue la toux sèche non productive. En ajoutant des fleurs de lavande à ce bain de vapeur, vous aiderez toute la famille à mieux dormir.


30 juillet 2014

Maladie de Lyme et plantes médicinales

Depuis plusieurs années maintenant, je reçois des personnes atteintes de la maladie de Lyme. Quand elles viennent d’être piquées par une tique porteuse, le traitement est très efficace et assez court (de quelques semaines à quelques mois). Par contre, pour les personnes souffrant de la forme chronique et qui ont des symptômes depuis quelquesannées, le traitement peut être très long (plusieurs années). La bonne nouvelle, c’est que les plantes médicinales sont efficaces, et les gens retrouvent une qualité de vie rapidement. Cet été, de plus en plus de cas sont répertoriés au Québec, surtout en Estrie.
Je donnerai un atelier le 7août à Bromont pour mieux comprendre la maladie de Lyme, comment la prévenir et latraiter naturellement. En attendant, le présent article vise à répondre à certaines questions qui me sont souvent posées.
Qu'est-ce que la maladie de Lyme
La maladie de Lyme est une maladie causée par au moins trois bactéries de la famille de Borrelia, la Borrelia bugdorferi étant la plus commune en Amérique du Nord. Son nom vient des villes de Lyme et Old Lyme au Connecticut, où elle a été observée pour la première fois en 1975, là où les souches de bactéries s’installent dans les tissus conjonctifs de l’organisme comme parasite. Les symptômes sont nombreux et variés. Ils dépendent du type de bactérie qui a envahi l’organisme, ainsi que des co-infections qui peuvent être présentes : Babesia, Bartonnella, Ehrlichia ou autres.
Le genre Borrelia appartient à la famille des spirochètes, des bactéries présentes sur terre depuis des milliards d’années et qui ressemblent à des vers en forme de tire-bouchon. Cette forme leur permet de se déplacer dans les tissus de tous genres. Ces bactéries affectionnent particulièrement les tissus plus « mous » comme le cartilage du genou ou l’humeur aqueuse des yeux. Elles peuvent « manipuler » notre système immunitaire pour que nous produisions des substances qui détruiront nos propres cartilages et tissus conjonctifs afin de se nourrir – ce qui cause l‘inflammation et l’œdème. Ces bactéries sont très intelligentes et s’adaptent facilement à leur environnement. De plus, elles ont la capacité de s’enkyster, c’est-à-dire de prendre la forme d’un kyste pour survivre dans des conditions où la forme « bactérie » ne survivrait pas (température sous le point de congélation, absence de nourriture, urine des animaux, présence d’antibiotiques, etc.). Ces bactéries produisent des endotoxines qui peuvent être neurotoxiques, mais qui causent surtout beaucoup d’inflammation dans les tissus où elles sont libérées. Ces toxines sont responsables d’une grande partie des symptômes et elles augmentent lorsqu’une certaine quantité de bactéries meurt, ce qui crée ce qu’on appelle le Herxheimer.
Efficacité des tests
La meilleure façon de repérer l’infection reste la marque laissée sur le corps (un cercle rouge avec un rond blanc à l’intérieur), mais ce cercle n’est présent que sur un tiers des personnes infectées seulement. Une autre façon consiste à garder la tique trouvée sur le corps pour la faire analyser et connaître les types de bactéries dont elle était porteuse.
Par contre, dans la majorité des cas, ni la marque rouge sur le corps ni la tique ne seront trouvées ce qui rend le diagnostic difficile. De plus, durant les premières semaines de l’infection, l’organisme ne produit pas assez d’anticorps, ce qui donne des analyses sanguines ayant comme résultat de faux négatifs. Par la suite, certains anticorps disparaissent avec le temps même si les spirochètes sont toujours présents. Les niveaux de spirochètes peuvent être tellement bas que ceux-ci ne sont même pas détectables en biopsie. Finalement, ils peuvent s’enkyster et devenir invisibles. Deux analyses sanguines sont les plus couramment utilisées : Elisa et Western Blot. Le test Elisa ne devrait pas être utilisé puisqu’il est inefficace pour un tel diagnostic. Avec ce test, un grand pourcentage de personnes, un résultat faux négatif, et certaines personnes, de faux positifs. Il est donc à éviter. Le Western Blot reste le plus adéquat, même si 20 à 30 % des personnes infectées obtiendront des résultats négatifs avec ce test. Il faut demander à voir les résultats sur toutes les « bandes » testées.
Dans le cas où la tique n’a pu être identifiée, les symptômes peuvent être une source de diagnostic. À surveiller :
·       Fièvre et douleurs rhumatismales inexpliquées
·       Douleur et enflure des articulations inexpliquées
·       Problème de mémoire et de concentration
·       Fatigue intermittente
·       Insomnie et anxiété
·       Érythème et éruptions cutanées
·       Myélodysplasie
·       Problèmes de dents, troubles menstruels, etc.
Il est aussi faux de croire que la bactérie ne pourra être transmise si la tique est enlevée rapidement (moins de 24 heures).
Prévention
La première chose à faire reste de se couvrir le corps le plus possible en nature et de vérifier en rentrant à la maison s’il y aurait présence de tique sur la peau. Il est suggéré de se faire vérifier le dos au besoin. En période de forte présence de tiques, c’est-à-dire du début de l’été jusqu’en décembre, on peut prévenir une infection en tonifiant le système immunitaire avec de l’astragale, du reishi, ou d’autres plantes.
Comment enlever une tique
sur la peau
Si l’on trouve une tique, il faut l’enlever de cette façon et la conserver pour vérifier si elle est porteuse de spirochètes afin d’orienter le traitement. On peut ensuite appliquer sur la peau une huile essentielle antibactérienne comme de l’huile essentielle d’origan et prendre tout de suite des plantes médicinales.
Infection à court terme
La période d’incubation de la maladie peut varier de quelques jours à quelques années, mais elle dure en moyenne une à deux semaines. Les premiers symptômes ressemblent à une infection virale commune et incluent de la fièvre, des maux de tête et de la fatigue. Une éruption cutanée circulaire peut ou ne pas être présente à l’endroit de la piqure. On ne devrait pas se fier à ce symptôme pour confirmer un diagnostic puisqu’il est fréquemment absent, et ce, malgré la présence d’une infection.
Plantes médicinales à privilégier durant les premières semaines 
Renouée japonaise
Polygonum cuspidatum
·       Eleuthéro (Eleuthérococcus senticosus)
·       Andrographis (Andrographis paniculata)
·       Renouée japonaise (Polygonum cuspidatum). Eh oui! Cette plante envahissante que plusieurs s’évertuent à éliminer au sud du Québec est dotée de propriétés médicinales. Étant anti-bactérienne et anti-inflammatoire, elle fait partie intégrante d’un traitement contre la maladie de Lyme.
Infection à long terme
Comme plusieurs des symptômes à court terme peuvent passer inaperçus, la maladie peut souvent s’installer et perdurer plusieurs années. De plus, comme le temps d’incubation peut être de quelques années, les symptômes peuvent apparaître après une longue période de temps. Le traitement devient alors plus complexe puisque les toxines et les bactéries entraînent des symptômes souvent handicapants physiquement (douleurs, paralysies) ou mentalement (confusion, anxiété, insomnie). Il vaut mieux consulter un thérapeute expérimenté qui pourra vous orienter dans le choix des plantes médicinales, des suppléments et des habitudes de vie qui aident à diminuer les symptômes, à contrôler les bactéries et à tonifier le terrain.



13 février 2014

Mes livres préférés sur les plantes adaptogènes


Dans cet article je tiens à vous présenter les deux livres dont je me sers comme référence lorsque je veux parler des plantes médicinales adaptogènes. Pour ceux d’entre vous qui me suivez régulièrement, vous savez sûrement que ces plantes servent à diminuer età prévenir l’impact du stress chronique sur l’organisme (immunité,inflammation, système nerveux et endocrinien).
En quelques phrases, pour les nouveaux, lorsque nous percevons la réalité comme étant dangereuse, ou si nous avons de la difficulté à exprimer nos émotions de façon efficace, il s’ensuit une réponse physiologique avec sécrétion de cortisol par les glandes surrénales. Lorsque cette sécrétion est chronique plusieurs fonctions biologiques sont affectés : déséquilibre immunitaire, endocrinien et du système nerveux. Les plantes médicinales que l’on nomme adaptogènes ont la capacité de prévenir et réparer ces « dégâts » causés par le stress en agissant directement sur les glandes surrénales, l’hypophyse et l’hypothalamus ainsi qu’en régulant la production de cortisol. Ces plantes sont donc aussi utiles lorsqu’il y a une déficience en cortisol (fatigue chronique par exemple), résultant souvent d’une fatigue des glandes surrénales due au stress.
Malheureusement, la bibliothèque d’un herboriste se compose surtout de livres en anglais. Les auteurs étant plus nombreux et la pratique plus active en Amérique du Nord et en Angleterre.
Adaptogens in Medical Herbalism : Elite Herbs and Natural Compounds for Mastering Stress, Aging, and Chronic Disease – Donald Yance, CN, MH, RH (AHG) - 2013
J’ai eu la chance de suivre une formation avec cet herboriste américain, propriétaire d’une clinique en Oregon qui se spécialise dans le traitement du cancer avec les produits de santé naturels. Donald Yance est aussi consultant pour plusieurs cliniques oncologiques intégratives aux États-Unis où les traitements conventionnels de chimiothérapie et radiothérapie sont combinés aux plantes médicinales et suppléments. J’attendais avec impatience la sortie de ce livre cet automne puisque dans ses formations comme dans ses livres, Donald Yance est capable de synthétiser des résultats de recherches scientifiques très récentes avec son expérience de clinicien, tout en faisant des liens entre les différents systèmes physiologiques pour expliquer des processus complexes comme le diabète ou l’impact du stress sur la thyroïde par exemple.
La première partie de ce livre de 658 pages est consacrée au fonctionnement de l’organisme et aux conséquences du stress chronique sur le système cardiovasculaire ou le squelette par exemple, sans oublier notre santé spirituelle – l’auteur ayant été moine franciscain par le passé. Juste cette moitié du livre vaut selon moi son achat. Les notions sont expliquées de façon exhaustive et claire.
La deuxième partie de l’ouvrage se consacre aux différentes plantes médicinales et produits de santé naturels qui peuvent composer un traitement. J’avoue avoir été un peu déçue par le peu de profondeur de chaque monographie, mais c’est compensé par la variété de sujets couvert- ce qui en fait un excellent livre de référence selon moi.

Adaptogens : Herbs for Strength, Stamina, and Stress Relief – David Winston RH (AHG) and Steven Maimes - 2007
Ce deuxième livre plus court mais tout aussi intéressant a été écrit par Steven Maimes (anciennement propriétaire d’un fabricant de produits de santé naturels et aujourd’hui chercheur et auteur) et David Winston (herboriste clinicien – critère important lorsque j’utilise un livre comme référence puisque les plantes médicinales peuvent avoir de nombreux effets en laboratoire ou dans les livres qui ne se traduisent pas toujours par une action concrète dans la pratique). Comme le premier livre dont je vous parlais, la première partie est consacrée à l’explication de phénomènes physiologiques liés au stress et est suivi en deuxième partie de monographies de plantes médicinales adaptogènes et autres utiles pour traiter les déséquilibres découlant de stress chronique.
Étant plus court, ce deuxième livre est aussi plus concis; ce qui est utile lorsqu’on n’a pas forcément beaucoup de temps à accorder à une recherche. Il est aussi écrit dans un langage plus accessible, donc plus facile pour les francophones.
Si vous connaissez des bons livres sur le sujet écrit en français, je vous invite à m’écrire en laissant un commentaire au bas de cet article.

9 janvier 2014

Équilibre, santé et vitalité – deuxième partie


Ces concepts sont connus depuis longtemps maintenant. Déjà en 1936, le professeur canadien Hans Selye avait émis la théorie selon laquelle le stress serait la source de plusieurs maladies chroniques puisqu’il crée des déséquilibres physiologiques importants. Dans les années 1930, en faisant des recherches sur les impacts physiologiques du stress, il avait élaboré une théorie voulant que le corps réagisse aux évènements en trois phases : l’alarme, la résistance et l’épuisement, chacune ayant ses réactions biochimiques propres.
1- Phase d’alarme : Lorsqu’il y a perception de danger ou adaptation à un changement, l’hypothalamus, l’hypophyse et les glandes surrénales sont appelées à réagir. Ces dernières produisent plusieurs hormones, dont le cortisol, pour augmenter le métabolisme et nous permettre d’attaquer ou de fuir le danger. Une fois ce dernier passé, le corps retourne à son état normal.
Durant cette phase, les plantes médicinales adaptogènes vont augmenter la vitalité et la réserve d’énergie nécessaires à tous ces processus physiologiques en modulant les sécrétions hormonales, surtout le cortisol. Par exemple, elles vont augmenter la sensibilité de l’hypothalamus à cette dernière pour qu’une moins grande quantité soit nécessaire à l’obtention d’une réponse. De plus, elles réduisent les réactions aux stresseurs, retardant ainsi la phase d’épuisement, et elles nourrissent les glandes surrénales pour contrecarrer une demande accrue de ces hormones.
2- Phase de résistance : Dans cette deuxième phase, l’organisme tente de résister au stress. Les niveaux d’hormones restent élevés et peuvent perturber l’homéostasie et causer des dommages aux organes internes, ce qui rend le corps plus vulnérable aux maladies. L’énergie nécessaire à ces processus diminue avec le temps et entraîne un épuisement physiologique. Comme dans la phase d’alarme, les plantes adaptogènes sont ici très importantes pour soutenir les différentes glandes impliquées et augmenter la vitalité afin de retarder la phase d’épuisement.
3-  Phase d’épuisement : Dans cette dernière phase, la perception de danger dure depuis longtemps. L’organisme a perdu sa capacité d’adaptation, et c’est là qu’on voit apparaître plusieurs problèmes de santé, notamment de la fatigue, de l’insomnie, des déséquilibres immunitaires (maladies auto-immunitaires, infections à répétition, inflammation, etc.). À ce stade, les plantes adaptogènes sont essentielles pour régénérer les glandes surrénales, rééquilibrer les différentes sécrétions hormonales et permettre ainsi de recouver la santé.
Plantes médicinales adaptogènes
Toutes les plantes médicinales dites adaptogènes vont donc, en agissant sur l’axe entre l’hypophyse, l’hypothalamus et les glandes surrénales, augmenter la vitalité et l’énergie, et ramener l’homéostasie. Ainsi, les tissus pourront être réparés, et les divers processus physiologiques, normalisés (pression artérielle, sécrétion de neurotransmetteurs, glycémie, etc.). Ces plantes ont toutes une action cumulative, c’est-à-dire que plus elles sont consommées sur une longue période (trois mois à un an), plus leur action sera profonde et durable. En général les gens voient une amélioration dans leur niveau d’énergie, leur capacité d’adaptation aux changements et la qualité de leur sommeil, après trois à quatre semaines. Mais ces changements ne font que s’enraciner avec le temps. Il est donc très important de continuer la prise pendant plusieurs mois.
Même si elles ont toutes des actions communes par leur mode de fonctionnement, chaque plante sera un peu différente et aura des « spécialités » que je vais tenter de vous décrire. La meilleure façon de savoir ce qu’une plante médicinale a comme effet est de l’essayer pendant une longue période, de cohabiter avec elle et de la laisser imprégner toutes nos cellules. Je vous invite donc à en choisir une qui semble mieux vous convenir pour en consommer au quotidien, sous différentes formes (teinture, infusion ou décoction), au moins jusqu’au printemps, sinon pendant un an. Vous m’en direz des nouvelles.
Rhodiola – Rhodiola rosea
Rhodiola rosea
La racine de cette plante grasse indigène présente dans toute la zone circumpolaire, du Canada à la Sibérie, a été abondamment étudiée pour ses propriétés médicinales, ce qui prouve qu’elle est tout aussi intéressante que le ginseng (Panax ginseng) en tant que plante énergisante, mais sans la sur-stimulation que peut apporter ce dernier. Elle est même plus efficace comme protectrice durant les périodes de stress intense. Elle augmente rapidement l’énergie physique, la concentration et la mémoire. Elle est aussi « cardio-protectrice », c’est-à-dire qu’elle normalise les fonctions cardiaques et aide à guérir les maladies cardiovasculaires en lien avec le stress chronique comme l’hypertension, les AVC et les infarctus. De plus, elle diminue l’anxiété, et c’est une plante de choix dans un mélange contre la dépression, surtout liée à la fatigue et au surmenage.
Parce qu’elle augmente la circulation du sang au cerveau et agit sur l’axe entre l’hypophyse, l’hypothalamus et les glandes surrénales, comme toutes les adaptogènes, le rhodiola est intéressant durant une convalescence à la suite d’un traumatisme du cerveau, d’un déficit d’attention, ou encore pour  prévenir des maladies dégénératives comme celles d’Alzheimer ou de Parkinson. Ses racines possèdent une agréable odeur de rose, mais sont aussi très astringentes. Il est donc important de les combiner à d’autres plantes médicinales pour éviter de trop assécher l’organisme.
Ashwagandha – Whitania somnifera
Whitania somnifera
Cette plante de la famille des solanacées est une plante indigène des régions sèches subtropicales de l’Inde et du Pakistan. Contrairement au rhodiola, les racines d’ashwagandha ont plutôt une action calmante. Comme son nom latin (somnifera) l’indique, cette plante est utilisée pour favoriser le sommeil, autant pour s’endormir rapidement que pour dormir profondément. De plus, ses racines ont une action marquée sur la thyroïde, surtout en cas d’hypothyroïdie.
J’aime choisir l’ashwagandha lorsqu’il y a inflammation ou douleur chronique, surtout si celle-ci est en lien avec une période de stress chronique. Combinée à la racine de curcuma (Curcuma longa), cette plante est très efficace pour contrôler la douleur.
Astragale – Astragalus membranaceus
Semences d'astragale
Astragalus membranaceus
Les racines d’astragale, une plante originaire de Chine, sont utilisées traditionnellement pour améliorer l’énergie et l’immunité. Concrètement, cette plante réchauffe en profondeur et nourrit le système immunitaire pour qu’il combatte plus efficacement les infections. Elle est particulièrement intéressante en cas de fatigue, accompagnée de sensation de froid et de lourdeur au niveau des membres.
Par contre, comme c’est une plante réchauffante, elle est déconseillée en cas de fièvre, d’infection aigüe ou de trop forte chaleur, comme les bouffées de chaleur à la ménopause.
Basilic sacré – Ocimum sanctum
Cette plante originaire d’Inde et d’Asie est une plante adaptogène calmante qui a une grande influence sur le système nerveux. Elle est particulièrement intéressante lorsqu’il y a anxiété et dépression, pour calmer et protéger les glandes surrénales et le système nerveux de l’impact du stress chronique. Contrairement aux autres plantes adaptogènes qui doivent en général être consommées sous forme de décoction, de sirop ou d’extraits concentrés, Les sommités fleuries de basilic sacré peuvent être prises en infusion. De plus, de nombreuses études démontrent son efficacité sur la régulation de la glycémie (hypoglycémie, syndrome métabolique ou diabète).
J’imagine que vous êtes maintenant convaincus, si vous ne l’étiez pas déjà à la fin du premier article. Je voudrais par contre souligner l’importance de combiner ces plantes merveilleuses à une forme d’exercice régulier adaptée à la quantité d’énergie disponible, ainsi qu’à des périodes de méditation ou à des temps d’arrêt complet dans la journée. En effet, ces moments d’immobilité permettent au corps, comme à la nature en hiver, de se régénérer, d’emmagasiner de l’énergie plutôt que de la dépenser et de faire le point pour prendre pleinement conscience de ce qui est important. Ainsi, on peut choisir où cette nouvelle énergie et ce regain de vitalité vont être le mieux employés pour notre bonheur et notre santé.
Références :
Winston, David et S. Maimes. Adaptogens: Herbs for Strength, Stamina, and Stress Relief. Healing Arts Press, 2007.
Yance, Donald. Adaptogens in Medical Herbalism – Elite Herbs and Natural Compounds for Mastering Stress, Aging and Chronic Disease. Healing Arts Press, 2013.